Trump menace l’Otan : aidez-nous en Iran ou payez-en les conséquences

Trump prévient que l’Otan aura un “très mauvais avenir” sans aide en Iran. Le pétrole à 106 $, le sommet avec Xi Jinping possiblement reporté.
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Ce qu’il faut retenir :

  • Donald Trump a averti que l’Otan aurait un “très mauvais avenir” si ses alliés refusaient d’aider à rouvrir le détroit d’Ormuz.
  • Le président américain envisage de reporter son sommet avec Xi Jinping, prévu fin mars, si Pékin ne coopère pas d’ici là.
  • Le baril de pétrole a atteint 106 dollars dimanche soir, en hausse de 45 % depuis le début du conflit irano-américain.

Donald Trump a haussé le ton dimanche à l’égard de ses alliés de l’Otan. Dans un entretien accordé au Financial Times, le président américain a prévenu que l’Alliance atlantique irait vers un “très mauvais avenir” si ses membres refusaient de participer à l’effort militaire en cours pour rouvrir le détroit d’Ormuz, bloqué depuis que l’Iran a fermé ce passage stratégique peu après le début de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël il y a plus de deux semaines.

Le détroit d’Ormuz, enjeu géopolitique et énergétique mondial

Un cinquième du pétrole mondial transite par le détroit d’Ormuz. Depuis sa fermeture effective par l’Iran, les prix du brut s’envolent. Le baril a culminé à 106 dollars dimanche soir, soit une hausse d’environ 45 % depuis le début des hostilités, ravivant les craintes d’un choc pétrolier mondial.

Trump a insisté sur l’asymétrie de la dépendance énergétique : l’Europe et la Chine sont fortement tributaires du pétrole du Golfe, contrairement aux États-Unis. “Il n’est que juste que les bénéficiaires du détroit contribuent à garantir qu’il ne s’y passe rien de mauvais”, a-t-il déclaré.

Concrètement, le président a demandé à ses alliés l’envoi de dragueurs de mines, des navires dont l’Europe dispose en nombre bien supérieur à Washington, ainsi qu’un soutien militaire pour neutraliser les “acteurs malveillants” iraniens qui utilisent drones et mines nautiques pour créer “une nuisance” dans le golfe Persique.

L’Otan dans le viseur, le Royaume-Uni en première ligne

Trump a réservé ses critiques les plus acerbes au Royaume-Uni, pourtant considéré comme l’allié historique numéro un des États-Unis. “Quand je leur ai demandé de venir, ils n’ont pas voulu”, a-t-il déclaré, ajoutant que Londres avait proposé d’envoyer deux navires uniquement après que les États-Unis eurent, selon lui, éliminé l’essentiel des capacités militaires iraniennes. “J’ai besoin de ces navires avant de gagner, pas après.”

Plus largement, Trump a réaffirmé une conviction ancienne : “L’Otan est une rue à sens unique.” Il a rappelé l’aide apportée à l’Ukraine malgré la distance géographique, et s’est dit “pas certain” que les alliés européens feraient de même pour les États-Unis.

Les faits donnent pourtant une image plus nuancée. Un soldat français a été tué jeudi dans une frappe de drone iranienne en Irak. Un aéronef italien a été détruit dimanche sur une base au Koweït. Les alliés européens sont déjà, eux aussi, touchés par le conflit.

Xi Jinping dans l’attente, le sommet menacé

Parallèlement à sa pression sur l’Otan, Trump a mis Pékin face à ses responsabilités. “La Chine obtient 90 % de son pétrole via le détroit”, a-t-il insisté, attendant une coopération de Beijing pour débloquer la voie maritime avant le sommet prévu fin mars en Chine. “Nous voudrions le savoir avant. Deux semaines, c’est long.”

Le président n’a pas exclu de reporter la rencontre avec Xi Jinping, qui devait marquer son premier voyage en Chine depuis le début de son second mandat. Ce sommet s’inscrit dans la continuité de la trêve commerciale et technologique conclue entre les deux puissances en octobre dernier en Corée du Sud. Pékin, de son côté, n’a montré aucun signe de vouloir décaler la date.

Dimanche, le secrétaire au Trésor Scott Bessent rencontrait son homologue chinois He Lifeng à Paris pour préparer cet événement diplomatique. La conjonction du dossier iranien et des négociations sino-américaines place ce sommet sous une pression inédite.

Ce qu’il faut surveiller

L’issue dépendra en grande partie des réponses européenne et chinoise dans les prochains jours. Si l’Otan refuse de mobiliser des moyens militaires concrets, Trump pourrait durcir encore son positionnement vis-à-vis de l’Alliance.

Côté énergétique, chaque jour de fermeture du détroit alimente la flambée des prix du brut, avec des répercussions directes sur l’inflation mondiale et, par ricochet, sur les décisions des banques centrales. Les marchés financiers surveilleront de près toute escalade supplémentaire ou, à l’inverse, tout signal d’ouverture diplomatique.

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