- Le sénateur Richard Blumenthal ouvre une enquête sur Binance pour 1,7 milliard $ de flux présumés vers des entités iraniennes, dont les Houthis, via des comptes liés à Hong Kong.
- Binance dément fermement et affirme appliquer des procédures KYC strictes, tout en annonçant une enquête interne transmise au Département de la Justice américain.
- L’affaire ravive le passif judiciaire lié à Changpeng Zhao, condamné en 2023, alors que la plateforme tente de restaurer sa crédibilité institutionnelle.
Blumenthal exige des comptes à Richard Teng
Les ennuis juridiques de Binance n’en finissent pas. Le sénateur démocrate Richard Blumenthal, haut responsable de la commission de sécurité intérieure du Sénat, a ouvert mardi une enquête officielle sur des violations présumées de sanctions par la plus grande plateforme crypto mondiale.
Dans une lettre adressée au co-PDG Richard Teng, Blumenthal demande des documents sur 1,7 milliard de dollars qui auraient transité depuis des comptes Binance vers des organisations liées à l’Iran, notamment les miliciens Houthis du Yémen. Ces flux avaient été identifiés par des enquêteurs internes de Binance, qui ont ensuite été licenciés, selon plusieurs enquêtes du New York Times, du Wall Street Journal et de Fortune.
Le sénateur exige également les dossiers relatifs à deux entités hongkongaises identifiées comme l’origine des transferts vers l’Iran. L’un des comptes était enregistré au nom de Blessed Trust, une société hongkongaise qui servait de prestataire à Binance. L’exchange affirme avoir fermé les comptes et cessé de travailler avec Blessed Trust en janvier.
Binance nie en bloc
Binance conteste l’intégralité des accusations.
Les articles précédents du New York Times sont faux. Binance dispose de procédures strictes de KYC et de conformité, et il n’y a aucun utilisateur iranien sur la plateforme.
Porte-parole à CoinDesk
L’exchange affirme également que les informations sur le licenciement des quatre enquêteurs sont inexactes. Binance a publié dimanche un billet de blog affirmant que son ‘exposition liée aux sanctions est minimale‘ et qu’une enquête interne est en cours, dont le rapport complet devait être remis au département de la Justice américain le 25 février.
Un passif judiciaire qui ne s’efface pas
Cette nouvelle enquête s’inscrit dans un historique lourd. Le fondateur Changpeng Zhao avait plaidé coupable en novembre 2023 de violations des lois anti-blanchiment et d’avoir permis à des utilisateurs de pays sous sanctions, dont l’Iran, de transiger sur la plateforme. Binance avait accepté de payer 4,3 milliards de dollars d’amendes et de quitter le marché américain. CZ a purgé quatre mois de prison avant d’être gracié par le président Trump.
Le pardon présidentiel et les assurances de conformité post-amende ne semblent pas avoir convaincu le Congrès.
Binance semble avoir ignoré les avertissements et les recommandations visant à prévenir les schémas de blanchiment iraniens sur sa plateforme.
Blumenthal
Cette enquête sénatoriale tombe alors que Binance tente de reconstruire sa crédibilité institutionnelle, avec notamment le retour des actions tokenisées annoncé la veille en partenariat avec Ondo Finance. La coexistence d’une offensive produit ambitieuse et d’accusations de violations de sanctions crée un contraste saisissant qui rappelle que le plus gros exchange crypto mondial n’a toujours pas soldé les comptes de son passé.