Ce qu’il faut retenir :
- Les favoris pour diriger la BCE sont évalués sur leur historique de vote au Conseil des gouverneurs.
- Leur position sur les achats d’actifs et l’outil anti-fragmentation TPI pèse autant que leur vision des taux.
- Le mandat non renouvelable de Christine Lagarde s’achève le 31 octobre 2027.
Succession de Christine Lagarde : les votes passés deviennent le premier critère
La course à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) entre dans sa phase d’examen. Ce mercredi 4 novembre, le Financial Times consacre sa rubrique Monetary Policy Radar aux favoris pour la succession de Christine Lagarde. L’analyse porte sur deux critères : leur historique de vote au Conseil des gouverneurs et leurs positions sur la boîte à outils élargie de l’institution.
Cette boîte à outils regroupe les instruments situés au-delà des taux directeurs. Elle comprend les programmes d’achats d’actifs, dits QE, et le TPI (Transmission Protection Instrument). Créé en juillet 2022, le TPI permet à la BCE de contenir l’écart entre les taux d'emprunt des pays de la zone euro. Un candidat favorable à ces outils ne gérera pas une crise de dette souveraine comme un gouverneur qui s’en méfie.
Quand Christine Lagarde quittera-t-elle la BCE ?
Christine Lagarde a pris ses fonctions le 1er novembre 2019 pour un mandat de huit ans non renouvelable. Son départ est donc prévu au 31 octobre 2027, dans un peu moins d’un an.
Le traité européen fixe la procédure de nomination. Le Conseil européen choisit le président à la majorité qualifiée, sur recommandation des ministres des Finances. Il consulte ensuite le Parlement européen et le Conseil des gouverneurs de la BCE. La nationalité du candidat et l’équilibre entre pays du Nord et du Sud pèsent traditionnellement dans les tractations entre capitales.
Pourquoi la succession de Christine Lagarde concerne aussi la crypto
Le prochain président héritera du chantier de l’euro numérique. Ce projet de monnaie numérique de banque centrale, ou CBDC, a été porté activement par Christine Lagarde. En octobre 2025, la BCE a engagé la phase suivante du projet. Une première émission est envisagée en 2029, à condition que le cadre législatif européen soit adopté.
Un président plus réservé pourrait ralentir ce calendrier ou en revoir la portée. Ce choix pèserait sur la concurrence avec les stablecoins en dollars, que la BCE regarde avec méfiance. Il s’ajoute au rythme des baisses ou des hausses de taux, qui reste le premier canal d’influence de la BCE sur l’appétit pour le risque, crypto comprise.
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