LayerZero dévoile ATLAS, une infrastructure d’échange pour les plateformes et les institutions

LayerZero lance ATLAS, une infrastructure d’échange bâtie sur sa blockchain Zero, avec des frais reversés au rachat et à la destruction de ZRO.
Layerzero atlas

Ce qu’il faut retenir :

  • ATLAS regroupe appariement, compensation, règlement et gestion du risque dans un même système.
  • L’infrastructure ne dispose d’aucune application grand public et s’adresse aux plateformes existantes.
  • Une partie des frais servira à racheter et détruire des tokens ZRO, en hausse de plus de 16 %.

LayerZero a dévoilé ATLAS, une infrastructure d’échange destinée aux plateformes de négociation et aux institutions financières. Le nom désigne un système regroupant l’agrégation du trading, de la liquidité et du règlement. Le token ZRO progressait de plus de 16 % sur vingt-quatre heures après l’annonce, à 1,26 dollar.

Ce que fait ATLAS

Le projet repose sur un choix architectural que ses concepteurs qualifient de place de marché sans tête : ATLAS ne dispose d’aucune application grand public ni interface de trading. Plateformes d’échange, courtiers et institutions financières l’utilisent en arrière-plan tout en conservant leurs propres utilisateurs et leur propre interface.

L’argument commercial tient en deux points. Les plateformes n’ont plus à construire cette infrastructure elles-mêmes, ni à s’appuyer sur celle d’un concurrent. Et les fonctions d’appariement des ordres, de compensation, de règlement et de gestion du risque se retrouvent réunies au même endroit, plutôt que traitées séparément.

Le système distingue deux types de marchés. Les marchés ouverts s’adressent aux applications crypto, aux marchés prédictifs et à d’autres produits publics. Les marchés institutionnels permettent de fixer ses propres règles sur qui peut négocier et à quelles conditions.

Trois catégories d’acteurs s’y connectent : les lieux de négociation, qui exploitent les plateformes visibles par les utilisateurs, les créateurs de marché, qui définissent les actifs négociés, et les teneurs de marché, qui apportent la liquidité. Le catalogue envisagé couvre les tokens au comptant, les contrats perpétuels, les actions, les matières premières, les obligations, les memecoins et les marchés prédictifs.

“La base d’actifs mondiale s’étend plus vite que jamais”, avance Bryan Pellegrino, cofondateur et directeur général de LayerZero, qui présente ATLAS comme un socle neutre et performant destiné à les alimenter tous.

Une chaîne bâtie avec Citadel Securities et ICE

ATLAS s’appuie sur Zero, la blockchain annoncée en février par LayerZero en collaboration avec Citadel Securities, la DTCC, ARK Invest et Intercontinental Exchange. Cette chaîne est conçue pour les marchés financiers et utilise des preuves à divulgation nulle de connaissance pour vérifier les transactions.

La composition de ce tour de table mérite d’être relevée. On y trouve le principal teneur de marché américain, l’organisme qui assure la compensation des titres aux États-Unis, et le propriétaire du New York Stock Exchange. Autrement dit, les acteurs centraux de l’infrastructure boursière traditionnelle.

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Le rôle du token ZRO

Le token remplit quatre fonctions. Il sécurise la chaîne Zero par un mécanisme de preuve d’enjeu déléguée, sert de jeton de paiement des frais de transaction, intervient dans la gouvernance, et conditionne l’accès aux remises tarifaires.

Ce dernier point structure l’économie du système. Les lieux de négociation peuvent immobiliser du ZRO pour obtenir de meilleures conditions, le palier le plus élevé exigeant jusqu’à 1 % de l’offre totale du token.

ATLAS prélèvera des frais uniques et globaux sur chaque transaction. Sur les marchés ouverts, les plateformes recevront des remises comprises entre 20 % et 65 %, selon leur mise en jeu de ZRO ou leur volume. Sur le solde restant, 25 % iront aux créateurs de marché et 75 % serviront à racheter puis détruire des ZRO.

Ce mécanisme de rachat et destruction lie mécaniquement le volume traité à la réduction de l’offre du token, ce qui explique en partie la réaction du cours.

Une diversification après un incident marquant

Le projet éloigne LayerZero de son métier d’origine, l’interopérabilité entre blockchains. L’entreprise revendique plus de 290 milliards de dollars de volume transféré entre chaînes via son standard de token omnichaîne, sur plus de 160 blockchains, stablecoins et actions tokenisées compris.

Le calendrier de cette diversification n’est pas neutre. Plusieurs entreprises ont déplacé leurs opérations inter-chaînes de LayerZero vers Chainlink après l’attaque d’avril contre le pont rsETH de Kelp DAO, qui avait entraîné la perte de 116 500 rsETH, soit environ 292 millions de dollars à l’époque, sur un pont utilisant sa technologie.

Et maintenant ?

Le lancement d’ATLAS est annoncé pour la fin de l’année.

Deux points détermineront la portée réelle du projet. L’identité des premières plateformes qui l’adopteront, d’abord, puisqu’une infrastructure d’arrière-plan ne vaut que par ceux qui la branchent. Et le traitement réglementaire ensuite, alors que les autorités américaines examinent précisément la question de savoir comment intégrer des places décentralisées dans un cadre conçu pour des intermédiaires identifiés.

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