Ce qu’il faut retenir :
- Plus de la moitié de l’offre de bitcoin en circulation s’échange désormais à perte, contre 30 % il y a un mois.
- Ce seuil n’a historiquement été atteint qu’à l’approche des grands bottoms de marché baissier, selon K33.
- Lors des cycles passés, le ‘plancher’ est arrivé en quelques semaines, mais souvent après une dernière baisse violente.
Après un mois brutal qui a vu Bitcoin chuter de 28 %, d’un sommet proche de 82 000 dollars à moins de 60 000 dollars, plus de la moitié de son offre en circulation s’échange désormais à perte. Un seuil qui, selon la société de recherche et de courtage K33, n’a par le passé été franchi qu’au voisinage des grands creux de marché. Attention toutefois : ce qui suit relève de l’analyse de K33, et non d’un conseil en investissement.
Un seuil rarement franchi
La proportion de bitcoins détenus à perte est passée de 30 % à plus de 50 % en un mois, alors que plus de 10 millions de BTC ont changé de mains pour la dernière fois à des cours supérieurs aux niveaux actuels. Pour Vetle Lunde, responsable de la recherche chez K33, ce niveau traduit un épuisement progressif des vendeurs encore en bénéfice. Il rappelle qu’une grande partie des « vieux » bitcoins ne bougent jamais, soit perdus, soit conservés par des détenteurs qui n’ont aucune intention de vendre. « Un plafond naturel autour de 50 à 56 % de l’offre en perte » s’est ainsi formé lors de tous les marchés baissiers précédents.
Ce que disent les précédents creux
Les cycles de 2011, 2018 et 2022 offrent un repère. À chaque fois, le bitcoin a touché son bottom dans le mois suivant le premier franchissement de la barre des 50 % d’offre en perte. Mais ce creux n’est intervenu qu’après une ultime jambe baissière, le cours inscrivant un point bas situé 15 % à 26 % sous le niveau atteint lors de ce franchissement. À l’inverse, un an plus tard, le bitcoin affichait des gains compris entre 69 % et 359 %. De quoi nourrir, selon K33, un biais « contrarien » prudemment haussier, le potentiel de hausse paraissant supérieur au risque de baisse résiduel, sans garantie aucune.
200 semaines, peur extrême et rotation des capitaux
Plusieurs autres signaux convergent. La récente correction a ramené le cours sur sa moyenne mobile à 200 semaines, un niveau qui a marqué chaque grand creux baissier ; le bitcoin est même brièvement passé en dessous la semaine dernière. L’indicateur de force relative (RSI) est tombé à son plus bas depuis novembre 2018, les sorties de produits cotés ont atteint des records, avec une moyenne de 4 108 BTC par jour entre le 7 mai et le 8 juin, et l’indice « Fear & Greed » est tombé à 8, en zone de peur extrême. Lunde évoque aussi une rotation des capitaux vers des paris de forte conviction, comme l’introduction en Bourse de SpaceX, les sociétés d’IA et les méga-capitalisations technologiques.
Et maintenant ?
K33 maintient son scénario central : le seuil des 60 000 dollars marquerait le creux du cycle, ou du moins une « zone d’accumulation de long terme très attractive ». La maison de recherche note que la correction actuelle est plus courte et moins profonde que les précédentes, cohérente avec une tendance de rendements décroissants et, peut-être, d’un risque baissier lui aussi en repli.
Comme nous le suivons depuis le début de cette glissade, le scénario d’une dernière secousse avant rebond reste sur la table. À surveiller en priorité : un retour de la demande spot et le comportement du cours autour de cette moyenne des 200 semaines.
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