Ce qu’il faut retenir :
- L’économie américaine a progressé de 1,5 % en rythme annualisé au deuxième trimestre 2026.
- Le consensus Bloomberg tablait sur 2 %, après 2,1 % au premier trimestre.
- La consommation des ménages accélère à 2,1 %, contre 0,4 % au trimestre précédent.
L’économie américaine a progressé de 1,5 % en rythme annualisé au deuxième trimestre 2026, un net ralentissement qui déçoit les attentes de Wall Street. Le chiffre publié jeudi par le Bureau of Economic Analysis se compare à une croissance de 2,1 % sur les trois premiers mois de l’année et reste sous les 2 % anticipés par les économistes interrogés par Bloomberg. Le rythme annualisé correspond à la croissance qu’atteindrait l’économie sur un an si celle du trimestre se prolongeait.

Pourquoi la croissance américaine ralentit-elle ?
Trois postes ont tiré le chiffre vers le bas, d’après le BEA : la baisse des dépenses publiques, le ralentissement des exportations et celui de l’investissement des entreprises.
Un contrepoids a limité la casse. Les dépenses de consommation des ménages ont accéléré à 2,1 % sur le trimestre, contre 0,4 % au trimestre précédent. Les Américains continuent de dépenser, malgré la hausse des prix à la pompe.
La guerre au Moyen-Orient pèse sur l’activité
Le conflit engagé depuis cinq mois continue de peser sur l’activité économique mondiale. Les perturbations des infrastructures énergétiques au Moyen-Orient nourrissent la flambée des carburants, qui ampute le pouvoir d’achat des ménages américains sans les avoir encore fait renoncer à consommer.
Le tableau comporte pourtant sa part de paradoxe. Les investissements massifs des entreprises technologiques dans les infrastructures d’intelligence artificielle avaient soutenu la croissance en début d’année, tout comme l’envolée des exportations des producteurs de pétrole américains. Deux moteurs qui doivent leur vigueur à la même séquence : le boom de l’IA d’un côté, la tension sur l’énergie de l’autre.
Une réaction de marché limitée
Les rendements des Treasuries et le dollar ont progressé légèrement après la publication, sans mouvement d’ampleur. Les investisseurs avaient la tête ailleurs.
La veille, la Réserve fédérale avait laissé ses taux inchangés, une décision qui a fait grimper le rendement à 30 ans à 5,23 %, au plus haut depuis 2007, comme nous l’écrivions hier. Le marché redoute que la banque centrale ne parvienne pas à contenir le choc inflationniste provoqué par la guerre. Un ralentissement de la croissance combiné à une inflation qui résiste place l’institution devant un arbitrage inconfortable.
Et maintenant ?
L’indice Core PCE, mesure d’inflation privilégiée par la Fed, complète le tableau ce jeudi. Deux variables commanderont la suite : la trajectoire du baril, qui décidera de l’ampleur du choc sur les prix, et la tenue de la consommation des ménages, seul moteur encore orienté à la hausse dans les comptes du trimestre. Si elle cède à son tour, l’arbitrage de la Fed entre croissance et inflation deviendra autrement plus rude.
Cet article vous a plu ? Recevez les prochains par email
Rejoignez +40 000 abonnés. L'essentiel du marché crypto dans votre boîte mail, tous les 2 jours.