Ce qu’il faut retenir :
- La plateforme d’échange AscendEX a cessé ses opérations le 1er juillet, jour de l’entrée en vigueur complète de MiCA.
- L’exchange prévient que les utilisateurs pourraient ne pas récupérer l’intégralité de leurs fonds.
- ZachXBT alertait dès le mois dernier sur des retraits bloqués et des réserves quasi vides.
AscendEX rejoint le cimetière des plateformes crypto, et ses utilisateurs risquent d’en payer le prix. L’exchange a annoncé dans un avis daté du 6 juillet avoir cessé ses opérations dès le 1er juillet, invoquant des pressions réglementaires et des difficultés financières. Le passage le plus inquiétant du communiqué tient en une phrase : la plateforme n’est pas certaine de pouvoir rendre à ses clients l’intégralité de leurs cryptomonnaies.
Pourquoi AscendEX ferme-t-elle ?
Nous comptions sur une opération stratégique convenue qui devait apporter des liquidités pour développer la plateforme, mais la contrepartie n’a pas respecté ses engagements
La date de fermeture n’a rien d’anodin. Le 1er juillet marque l’entrée en application complète du règlement européen MiCA, pour lequel AscendEX ne détient aucune autorisation. Comme nous l’évoquions avec l’agrément décroché par Ripple, seules 280 entreprises figurent au registre de l’ESMA, contre plus de 3 000 acteurs sous les anciens régimes nationaux : AscendEX fait partie des recalés qui préfèrent baisser le rideau.
Mais la réglementation n’explique pas tout. La plateforme reconnaît un trou de liquidité : elle comptait sur une transaction stratégique censée lui apporter des fonds pour se développer, et la contrepartie n’a pas honoré ses engagements, le tout aggravé par des conditions de marché défavorables. L’entreprise dit évaluer sa situation financière et étudier les options, “s’il en existe”, pour ses détenteurs de comptes. Une formulation qui laisse peu d’illusions.
Des retraits au compte-gouttes, sans aucune garantie
L’accès aux comptes est désormais restreint aux seules opérations de sortie, les retraits automatiques sont suspendus et chaque demande passe par un examen manuel, avec des délais à la clé. “Nous ne sommes pas en mesure de donner des garanties sur les délais ou les montants”, écrit AscendEX, qui précise qu’aucun détenteur de compte ne bénéficiera d’un traitement prioritaire hors du processus documenté.
Les signaux d’alerte s’accumulaient depuis des semaines. Le mois dernier, l’enquêteur onchain ZachXBT signalait sur Telegram de multiples témoignages de retraits retardés de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines. Son analyse des hot wallets de la plateforme révélait des réserves quasi vides sur les principaux actifs : ETH, USDT, USDC et SOL. Il recommandait alors aux utilisateurs de déposer plainte auprès des forces de l’ordre et des régulateurs.
De BitMax au naufrage, huit ans d’existence mouvementée
Fondée en 2018 sous le nom de BitMax, AscendEX traînait déjà un lourd passif : la plateforme avait subi en 2021 un piratage d’environ 78 millions de dollars. Sa fermeture rappelle le sort qui guette les exchanges de second rang, pris en étau entre des exigences réglementaires croissantes, une liquidité concentrée chez les géants du secteur et des trésoreries fragilisées par dix-huit mois de marché difficile.
Ce qu’il faut surveiller
AscendEX promet de nouvelles communications sur sa situation et les prochaines étapes, et évoque déjà l’hypothèse d’une procédure d’insolvabilité formelle, qui soumettrait les soldes non réglés au droit des faillites. Pour les utilisateurs encore exposés, chaque jour compte : documenter ses avoirs, soumettre sa demande de retrait et, comme le conseille ZachXBT, signaler son cas aux autorités. Pour le reste du marché, l’affaire vaut avertissement : dans l’Europe post-MiCA, une plateforme sans agrément n’est plus seulement hors la loi, elle devient un risque de contrepartie ambulant.
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