Ce qu’il faut retenir :
- Donald Trump a déclaré ce mercredi que le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran était terminé.
- Le Bitcoin est retombé à 62 000 dollars, plombé par la flambée du pétrole et la hausse du dollar.
- L’Iran affirme avoir visé 85 installations militaires américaines en représailles aux frappes de Washington.
Bitcoin (BTC) encaisse le retour de la guerre. La première cryptomonnaie est retombée à 62 000 dollars ce mercredi, après que Donald Trump a déclaré “terminé” le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran conclu fin juin. “En ce qui me concerne, c’est terminé”, a lâché le président américain devant la presse, en marge du sommet de l’OTAN à Ankara, selon le Financial Times. Le rebond crypto de la semaine, qui avait porté le BTC jusqu’à 64 400 dollars, se heurte de plein fouet à la géopolitique.
Pourquoi le Bitcoin rechute-t-il sous les 63 000 dollars ?
L’engrenage s’est enclenché en quelques heures. Mardi soir à Washington, le commandement central américain a annoncé des frappes qualifiées de “puissantes” contre l’Iran, en réponse aux attaques contre trois navires dans le détroit d’Ormuz, dont des tankers qatari et saoudien. Quelques heures plus tôt, le Trésor américain avait révoqué la licence générale autorisant les ventes de pétrole iranien. La riposte n’a pas tardé : les Gardiens de la révolution affirment avoir visé, tôt ce mercredi, 85 installations militaires américaines par des tirs de missiles et de drones, en représailles aux frappes sur les provinces d’Hormozgan et de Mahshahr.
Les marchés ont immédiatement réagi. Le brut WTI a bondi de plus de 2 % à 72,27 dollars le baril, tandis que le Dollar Index se maintenait au-dessus de 101 points. Deux vents contraires pour la crypto : l’ether, le XRP et Solana abandonnent entre 1 % et 2,3 %, selon les données de CoinDesk.
Le spectre du choc pétrolier de février
Le marché crypto connaît déjà ce scénario par cœur. L’éclatement de la guerre avec l’Iran fin février avait propulsé le pétrole au-dessus de 100 dollars le baril, déclenchant un choc inflationniste mondial qui avait lourdement pesé sur les actifs risqués au premier semestre. Les prix du brut sont depuis retombés sous 60 dollars, mais les anticipations d’inflation des consommateurs continuent de grimper, nourrissant les craintes de hausses de taux, y compris aux États-Unis. Or des taux plus élevés rendent les rendements obligataires plus attractifs et détournent les capitaux des actifs risqués comme les cryptomonnaies. C’est précisément ce contexte qui avait poussé les investisseurs en ETF hors du Bitcoin jusqu’en juin.
Ce qu’il faut surveiller
Une porte reste entrouverte : malgré ses déclarations, Trump a indiqué que les négociateurs américains pourraient poursuivre les discussions avec Téhéran, tout en affichant son scepticisme sur leur issue. Les prochaines heures diront si l’escalade se poursuit dans le détroit d’Ormuz, par où transite environ un cinquième du pétrole mondial. Pour la crypto, le calendrier devient périlleux : le CPI américain du 14 juillet, déjà décisif pour la suite du rebond, mesurera bientôt l’impact de cette nouvelle poussée des cours du brut. Le plancher des 58 000 dollars touché fin juin fait désormais office de ligne de défense.
Cet article vous a plu ? Recevez les prochains par email
Rejoignez +40 000 abonnés. L'essentiel du marché crypto dans votre boîte mail, tous les 2 jours.