Ce qu’il faut retenir :
- Neuf grandes banques ont lancé leur couverture de l’action SpaceX ce mardi, toutes à l’achat.
- Morgan Stanley vise 300 dollars, Citi évoque même un potentiel au-delà de 900 dollars à long terme.
- L’action, introduite à 135 dollars le mois dernier, cote autour de 160 dollars pour 2 100 milliards de capitalisation.
SpaceX fait l’unanimité à Wall Street. Neuf grandes banques, dont Goldman Sachs, UBS et Morgan Stanley, ont publié ce mardi leurs premières recommandations sur l’action de la société d’Elon Musk, toutes à l’achat ou équivalent. La période de silence imposée aux banques ayant souscrit l’introduction en Bourse record du mois dernier vient de s’achever, et le verdict est sans nuance : Morgan Stanley vise 300 dollars, quand le titre s’échange autour de 160 dollars.
Pourquoi Wall Street est-elle aussi optimiste sur SpaceX ?
Le déploiement réussi de Starship ouvrira la voie la plus abordable et la plus évolutive pour exploiter le potentiel économique de l’espace . . . permettant ainsi à SpaceX d’accéder à des marchés représentant des milliers de milliards de dollars auxquels aucune autre entreprise ne peut prétendre.
Les analystes s’enthousiasment d’abord pour le socle industriel. UBS, qui initie à l’achat avec une cible de 210 dollars, salue “un ensemble d’actifs sans équivalent” : les fusées réutilisables et la constellation de satellites Starlink. Citi, à 200 dollars pour la fin de l’année, va plus loin en traçant un chemin vers plus de 900 dollars par action, réaliste selon la banque si les prouesses d’ingénierie se confirment à grande échelle. Le déploiement réussi du Starship ouvrirait, d’après ses analystes, la voie la plus abordable vers des marchés spatiaux à plusieurs milliers de milliards de dollars, inaccessibles à tout autre acteur.
L’autre moteur du dossier s’appelle intelligence artificielle. Pour UBS, les progrès du chatbot Grok et l’acquisition par SpaceX du droit d’acheter Cursor, la startup d’édition de code, sont en passe de réduire l’écart avec les laboratoires de pointe OpenAI et Anthropic. Morgan Stanley qualifie SpaceX de “dernière frontière” de l’IA : l’une des rares plateformes capables de réunir l’immobilier orbital, la connectivité mondiale et la capacité de calcul dans une même infrastructure. La banque juge d’ailleurs le potentiel de Cursor sous-estimé par le marché.
Des valorisations qui donnent le vertige
Le titre a déjà connu une trajectoire mouvementée : introduit à 135 dollars, il a grimpé jusqu’à 225 dollars avant de retomber vers 160 dollars lundi à la clôture. La capitalisation atteint environ 2 100 milliards de dollars. Un cours de 900 dollars la porterait à près de 12 000 milliards, loin devant Nvidia, première capitalisation mondiale à environ 4 700 milliards.
Les multiples laissent peu de place à l’erreur. Selon les estimations de Bank of America (cible à 235 dollars), l’action se paie 118 fois les bénéfices attendus pour 2027, un ratio qui retomberait vers 43 fois en 2028. À titre de comparaison, le Nasdaq 100 se négocie à 23 fois les bénéfices à venir, d’après Bloomberg. Les banques assument cette part de pari : BofA invite à valoriser SpaceX comme une option sur les marchés spatiaux futurs, UBS décrit le titre comme un “call” sur la vision multiplanétaire d’Elon Musk, et Morgan Stanley affiche une fourchette volontairement large, de 75 dollars en scénario noir à 600 dollars en scénario rose, pour refléter les risques d’exécution, de financement et de technologie.
L’entrée au Nasdaq 100, un carburant technique
Au-delà des notes d’analystes, un soutien mécanique se met en place. SpaceX a intégré le Nasdaq 100 ce mardi, ce qui contraint les fonds indiciels répliquant l’indice à acheter le titre. Le traitement de faveur est notable : les sociétés fraîchement cotées patientent d’ordinaire jusqu’à un an avant d’entrer dans les grands indices suivis par des milliers de milliards de dollars de gestion passive. SpaceX a obtenu une admission anticipée auprès du Nasdaq, de FTSE Russell et de MSCI.
Ce qu’il faut surveiller
Le consensus est acheteur, mais il repose sur des jalons vérifiables : la montée en cadence du Starship, la monétisation de Starlink, l’intégration de Cursor et la capacité de Grok à tenir tête aux modèles d’OpenAI et d’Anthropic. Chaque étape franchie, ou manquée, fera bouger des objectifs de cours étalés de 75 à 900 dollars, l’écart le plus spectaculaire de la cote américaine. Les flux passifs liés à l’entrée dans les indices offriront un plancher temporaire au titre. La suite dépendra de la vitesse à laquelle la promesse spatiale et IA se convertit en bénéfices, sur un dossier valorisé 118 fois ses profits futurs.
Cet article vous a plu ? Recevez les prochains par email
Rejoignez +40 000 abonnés. L'essentiel du marché crypto dans votre boîte mail, tous les 2 jours.