Ce qu’il faut retenir :
- L’ETF VOO de Vanguard est le premier fonds coté à franchir 1 000 milliards de dollars d’actifs.
- Sa taille a quadruplé depuis 2022, portée par l’engouement pour les actions liées à l’IA.
- Cette manne passive est prête à absorber les méga-introductions de SpaceX, Anthropic et OpenAI.
Vanguard vient d’écrire une page d’histoire de la finance. Son fonds indiciel coté répliquant le S&P 500, connu sous le ticker VOO, est devenu ce mercredi le premier ETF à atteindre 1 000 milliards de dollars d’actifs. Un cap qui mesure la puissance de feu de l’argent passif, prêt à se déverser sur les gigantesques introductions en Bourse attendues cette année.
VOO, symbole du triomphe de la gestion passive
Un ETF est un fonds coté en Bourse qui suit mécaniquement un indice, ici les 500 plus grandes valeurs américaines. La taille de VOO a quadruplé depuis 2022, dépassant au passage le SPY de State Street (788 milliards de dollars), qu’il avait doublé dès février 2025. Son arme : des frais de seulement 0,03 %, contre 0,0945 % pour le SPY.
Le phénomène dépasse Vanguard. Fin avril, les ETF pesaient 21 900 milliards de dollars dans le monde, plus du triple des 6 400 milliards de début 2020, après 83 mois consécutifs de collecte nette. « Les ETF sont devenus le véhicule ultime pour s’exposer aux actions américaines », résume Todd Rosenbluth, directeur de la recherche chez TMX VettaFi.
Une muraille d’argent passif prête pour les méga-IPO
C’est là que le cap de VOO prend tout son sens. Les fonds indiciels achètent automatiquement les composantes de leur indice, ce qui en fera des acheteurs majeurs de trois introductions hors norme. Comme nous l’évoquions, SpaceX vise une levée d’environ 75 milliards de dollars sur une valorisation de 1 750 milliards ce mois-ci, Anthropic prépare une IPO à plus de 1 000 milliards, et OpenAI, valorisé 852 milliards, s’apprête à déposer son dossier.
De nouvelles règles d’« entrée rapide » des fournisseurs d’indices accéléreront l’intégration de ces valeurs à Wall Street, générant une demande de plusieurs milliards. S&P Dow Jones Indices vient de clore une consultation qui pourrait ramener de douze à six mois le délai avant inclusion dans le S&P 500. Pour Rob Arnott, fondateur de Research Affiliates, l’effet est pervers : les fonds passifs seront « forcés d’acheter non pas au prix de l’IPO, mais à un prix post-IPO » potentiellement gonflé par anticipation.
Une concurrence féroce sur les frais
La bataille fait rage sur les coûts. BlackRock aligne son ETF IVV, fort de 857 milliards de dollars, sur les mêmes 0,03 %. State Street propose même un produit à 0,02 %, mais moins liquide, qui n’a réuni que 149 milliards. « Plus de 60 milliards de dollars d’entrées depuis le début de l’année » sur VOO montrent à quel point les investisseurs sont sensibles aux coûts, souligne Deborah Fuhr, d’ETFGI. Grâce à un modèle pionnier associant ETF et fonds commun, VOO et son jumeau cumulent 1 600 milliards de dollars, ce qui en fait le deuxième fonds d’investissement au monde.
Et maintenant ?
Cette masse de capitaux passifs façonnera la trajectoire des prochaines IPO, quitte à en gonfler artificiellement les prix après cotation. Deux dynamiques à suivre : la poursuite de la guerre des frais, qui consolide la domination des géants Vanguard et BlackRock, et la concentration croissante de l’épargne dans une poignée d’ETF mastodontes, dont les flux pèsent désormais lourd sur l’ensemble du marché.
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