GOOGL : Alphabet va lever 80 milliards de dollars en actions pour financer sa course à l’IA

Alphabet va lever jusqu’à 80 milliards de dollars en actions pour financer ses investissements dans l’IA, dont 10 milliards souscrits par le Berkshire Hathaway
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Ce qu’il faut retenir :

  • Alphabet va lever jusqu’à 80 milliards de dollars en actions pour financer ses investissements dans l’IA.
  • L’opération inclut un placement privé de 10 milliards de dollars souscrit par Berkshire Hathaway.
  • C’est la première émission d’actions de la maison mère de Google depuis plus de vingt ans.

Alphabet opère un virage spectaculaire. La maison mère de Google prévoit de lever jusqu’à 80 milliards de dollars en actions pour financer ses gigantesques investissements dans l’infrastructure d’intelligence artificielle. Un revirement de taille pour une entreprise qui figurait jusqu’ici parmi les plus gros racheteurs de leurs propres titres à Wall Street.

Un revirement pour le champion du rachat d’actions

L’opération, annoncée ce lundi, marque la première émission d’actions d’Alphabet depuis plus de vingt ans, et l’une des plus importantes jamais réalisées. Elle signe un tournant pour les géants technologiques américains, engagés dans une course aux dépenses sans précédent pour bâtir les centres de calcul qui alimentent l’IA.

Jusqu’à présent, ces groupes finançaient cet effort avec les torrents de liquidités de leurs activités historiques et par la dette. « L’IA crée un moment d’expansion pour Alphabet », a déclaré l’entreprise, estimant que cette levée soutiendra « l’importante opportunité de croissance à venir ». Le marché, lui, a réagi avec prudence : l’action a cédé plus de 2,5 % dans les échanges hors séance.

Illustration - GOOGL : Alphabet va lever 80 milliards de dollars en actions pour financer sa course à l'IA

190 milliards de capex et une facture qui grimpe

Le nerf de la guerre, ce sont les dépenses d’investissement, ou capex. Alphabet a confirmé tabler sur jusqu’à 190 milliards de dollars de capex cette année, un montant qui devrait « significativement » augmenter en 2027. Sur un an, son flux de trésorerie opérationnel a atteint 174 milliards de dollars, mais le groupe a aussi contracté 85 milliards de dollars de dette nouvelle et porte désormais plus de 100 milliards de dette au total.

Ces investissements nourrissent la croissance de Google Cloud, dont les revenus ont bondi de 63 % sur un an, à 20 milliards de dollars au premier trimestre. Le contexte dépasse Alphabet : les géants de la tech américaine prévoient de dépenser 725 milliards de dollars dans l’IA cette année, au point de tendre les finances des plus grandes entreprises du pays.

Berkshire Hathaway entre dans la danse

Le coup d’éclat vient d’un nom inattendu. Berkshire Hathaway souscrira pour 10 milliards de dollars dans le cadre d’un placement privé. Le conglomérat construit sa position dans Alphabet depuis le troisième trimestre 2025, et l’opération portera sa participation à environ 32 milliards de dollars, soit près d’un dixième de son portefeuille d’actions. Alphabet deviendrait ainsi l’une des cinq plus grosses lignes cotées de Berkshire, aux côtés de sa participation historique dans Coca-Cola, valorisée plus de 31 milliards.

Bouclé en 24 heures, l’accord constitue l’un des paris les plus marquants de Greg Abel depuis qu’il a succédé à Warren Buffett à la tête du groupe en début d’année.

Comment Alphabet lève les 80 milliards

Au-delà des 10 milliards de Berkshire, le groupe de la Silicon Valley lèvera 30 milliards de dollars via un mélange d’actions ordinaires et d’obligations convertibles, puis jusqu’à 40 milliards par des ventes sur le marché ouvert à partir du troisième trimestre. L’essentiel du produit de cette dernière tranche servira à couvrir le coût d’un changement dans la fiscalité des actions attribuées aux salariés. Goldman Sachs a piloté le placement auprès de Berkshire et codirige l’émission avec JPMorgan Chase et Morgan Stanley.

Et maintenant ?

En passant par les marchés actions, Alphabet cherche à diversifier ses sources de financement tout en préservant la souplesse de son bilan, signe que ses dirigeants anticipent une période d’investissement lourd et durable. La vraie question reste celle du retour sur investissement : à mesure que le capex grimpe vers 2027, les marchés guetteront les premières preuves que cette débauche de capitaux dans l’IA finit par payer.

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