Inflation américaine : bond à 3,8 % en avril, plus haut depuis 3 ans sous l’effet de la guerre en Iran

L’inflation américaine grimpe à 3,8 % en avril, portée par une essence en hausse de 28,4 %. Le gallon atteint 4,50 $, le diesel frôle son record historique.
Inflation us avril plus haut 3 ans

Ce qu’il faut retenir :

  • L’inflation américaine a grimpé à 3,8 % en avril (indice CPI), son plus haut niveau en trois ans, contre 3,3 % en mars et 2,4 % en février avant le début du conflit.
  • L’essence a bondi de 28,4 % sur un an, le gallon atteignant 4,50 $. Le diesel frôle son record historique à 5,64 $.
  • L’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) progresse à 2,8 %, contre 2,6 % en mars, signe que les pressions inflationnistes commencent à se diffuser au-delà de l’énergie.

L’inflation américaine accélère. L’indice des prix à la consommation (CPI) a atteint 3,8 % en glissement annuel en avril, selon le Bureau of Labor Statistics, dépassant les 3,7 % anticipés par le consensus Bloomberg. C’est le niveau le plus élevé depuis 2023, époque où l’économie subissait encore le choc énergétique provoqué par l’invasion russe de l’Ukraine. L’accélération depuis février, où l’inflation était encore à 2,4 % avant le déclenchement de la guerre en Iran, est brutale.

L’essence, moteur principal de la hausse

La flambée des prix à la pompe explique l’essentiel du mouvement. L’essence a augmenté de 28,4 % sur un an. Le gallon s’échange mardi à 4,50 $ selon l’AAA, soit une hausse de plus de 50 % depuis le début du conflit fin février, quand il coûtait encore moins de 3 $. Le diesel atteint 5,64 $ le gallon, proche de son record historique.

La fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitait environ un cinquième du pétrole mondial, a provoqué une crise énergétique internationale. Le Brent évolue au-dessus des 100 $ le baril, en hausse de plus de 73 % depuis le début de l’année.

L’inflation sous-jacente progresse aussi

Le signal le plus préoccupant pour la Fed vient de l’inflation sous-jacente (core CPI, hors alimentation et énergie), qui progresse à 2,8 % contre 2,6 % en mars. Cette accélération indique que la hausse des coûts énergétiques commence à se transmettre aux autres catégories de prix, un phénomène de diffusion que les banquiers centraux redoutent.

La progression reste modérée à ce stade mais la tendance est claire. L’inflation PCE, la mesure préférée de la Fed, avait déjà atteint 3,5 % en mars.

Les marchés digèrent sans panique

Les rendements des Treasuries ont légèrement reculé après l’annonce, bien qu’ils restent en hausse sur la journée. Les anticipations de politique monétaire n’ont pas immédiatement bougé. La Fed a maintenu ses taux à 3,5-3,75 % la semaine dernière avec quatre dissidences, et les marchés n’anticipent plus aucune baisse en 2026.

Le rapport renforce la position des faucons au sein du FOMC, qui estiment que le biais accommodant du communiqué devrait être supprimé. Le nouveau président de la Fed Kevin Warsh, dont la confirmation est attendue avant le 15 mai, héritera d’un dilemme : combattre une inflation importée par l’énergie sans étouffer une économie déjà fragilisée.

Une réponse politique en urgence

Des parlementaires américains ont proposé cette semaine une législation pour suspendre les taxes fédérales sur les carburants afin de soulager les automobilistes. La mesure, politiquement populaire, ne traiterait que le symptôme sans toucher à la cause structurelle : la perturbation des approvisionnements pétroliers mondiaux.

Les espoirs de paix qui avaient temporairement calmé les prix la semaine dernière se sont évanouis après le rejet par Trump de la proposition iranienne, qu’il a qualifiée de “poubelle”. Le président a déclaré le cessez-le-feu “sous assistance respiratoire massive” avec “1 % de chances de survie”.

Ce qu’il faut surveiller

Le sommet Trump-Xi à Pékin mercredi est le prochain facteur déterminant pour les prix de l’énergie et donc pour la trajectoire de l’inflation. Si la Chine parvient à débloquer les négociations avec l’Iran et que le détroit d’Ormuz rouvre, l’inflation pourrait refluer rapidement.

Dans le cas contraire, un CPI au-dessus de 4 % dès mai deviendrait probable, forçant potentiellement la Fed à inverser son cycle et à relever ses taux pour la première fois depuis 2023. Les chiffres de l’inflation française, attendus mercredi, compléteront le tableau européen.

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