Ce qu’il faut retenir :
- L’économie américaine a créé 115 000 emplois en avril, au-dessus des 65 000 attendus par les économistes, malgré la guerre en Iran et la flambée des prix de l’énergie.
- Le taux de chômage reste stable à 4,3 %, avec des créations dans la santé, le commerce de détail et le transport, mais des baisses dans le secteur fédéral et la tech.
- Le chiffre de février a été révisé en forte baisse à une perte de 156 000 emplois, illustrant la volatilité extrême des données d'emploi ces derniers mois.
Le marché du travail américain refuse de plier. L’économie a créé 115 000 postes en avril selon le Bureau of Labor Statistics, un chiffre en baisse par rapport aux 185 000 révisés de mars mais nettement supérieur aux 65 000 anticipés par le consensus Bloomberg. Le taux de chômage se maintient à 4,3 %. Pour le deuxième mois consécutif, les embauches dépassent les prévisions de Wall Street.
Des créations inégales selon les secteurs
La santé, le commerce de détail, le transport et l’entreposage ont enregistré des gains d'emploi. En revanche, les effectifs du gouvernement fédéral continuent de reculer, tout comme ceux du secteur technologique.
Le rapport montre que le choc énergétique lié à la guerre en Iran, qui a fait bondir les prix de l’essence et du diesel, ne s’est pas encore traduit dans les données d'emploi. Les entreprises américaines continuent d'embaucher malgré la hausse des coûts.
Une volatilité des données qui brouille la lecture
Les données d'emploi oscillent violemment d’un mois à l’autre, compliquant l’analyse. Le chiffre de février, déjà faible, a été révisé en forte baisse à une perte de 156 000 emplois. Cette révision spectaculaire, combinée au rebond de mars et à la solidité d’avril, rend difficile l’identification d’une tendance claire.
La Fed divisée face au risque de stagflation
Le rapport tombe dans un contexte de division croissante au sein de la Réserve fédérale. Certains responsables craignent qu’une inflation élevée couplée à une montée du chômage ne crée une dynamique stagflationniste, où les consommateurs réduisent leurs dépenses, poussant les employeurs à licencier.
Beth Hammack, présidente de la Fed de Cleveland, a résumé le dilemme jeudi : “Pour l’instant, il semble que toute personne qui veut un emploi peut en trouver un. Mais si la demande faiblit, cela pourrait être en péril.”
La Fed a maintenu ses taux à 3,5-3,75 % mercredi dernier, avec quatre dissidences sans précédent depuis 1992. Trois faucons veulent supprimer le biais accommodant du communiqué, un colombe réclame une baisse. Le successeur de Powell, Kevin Warsh, devra naviguer entre ces tensions dès son arrivée à la présidence.
Les marchés saluent la résilience
Les futures sur indices américains ont réagi positivement. Les contrats sur le S&P 500 progressaient de 0,6 % et ceux sur le Nasdaq 100 de 0,8 % après la publication. Le marché retient surtout que l'emploi résiste, ce qui repousse le scénario d’une récession imminente et renforce la main de ceux qui plaident pour un statu quo monétaire.
Ce qu’il faut surveiller
La solidité de l'emploi en avril ne garantit pas la suite. Le plein effet du choc pétrolier, avec un gallon d’essence à plus de 4,30 $, ne se fera sentir qu’avec un décalage de plusieurs mois. Le secteur tech, déjà en contraction, pourrait accentuer ses suppressions de postes (Coinbase, Nissan, et d’autres ont annoncé des coupes cette semaine).
Les données de mai et juin révéleront si la résilience d’avril était un dernier sursaut ou le signe d’une économie plus robuste que prévu face au choc énergétique.
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