Ce qu’il faut retenir :
- Le S&P 500 atteint un record intraday à 7 013 points, dépassant son précédent sommet de fin janvier.
- La hausse de plus de 10 % depuis le point bas du conflit constitue le plus fort rebond sur dix jours depuis la reprise post-Covid de 2020.
- Les investisseurs ont injecté plus de 111 milliards de dollars nets dans les fonds actions américains en un mois.
Le S&P 500 a franchi un nouveau sommet historique ce mercredi, clôturant en hausse de 0,5 % à 7 013 points. L’indice efface ainsi l’intégralité des pertes accumulées depuis le début du conflit américano-iranien fin février, porté par des résultats d’entreprises solides et l’espoir croissant d’un cessez-le-feu rapide au Moyen-Orient.
Le plus gros rebond depuis le Covid
La remontée est spectaculaire. Depuis son point bas du 30 mars, lié au pic de la crise au Moyen-Orient, le S&P 500 a regagné plus de 10 %, soit le plus fort rebond sur dix séances depuis la reprise post-Covid en 2020. Les valeurs technologiques ont mené la charge avec une progression de plus de 15 % sur la même période. Nvidia s’est distingué avec un bond de 19 %.
Le rally des deux dernières semaines est entièrement justifié.
Max Kettner, chief multi-asset strategist chez HSBC
Il souligne que les révisions à la hausse des bénéfices en mars, notamment dans l’IA et la tech, constituent le vrai moteur du mouvement.
Au plus fort de la crise, le S&P 500 avait perdu près de 10 % par rapport à son sommet de janvier, sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie et des craintes de hausse des taux par la Fed pour contenir l’inflation. Le statut des États-Unis en tant qu’importateur net d’énergie a toutefois limité les dégâts par rapport à l’Europe et l’Asie.
Des flux massifs vers les actions américaines
Les investisseurs votent avec leur portefeuille. Sur le dernier mois, plus de 111 milliards de dollars nets ont été injectés dans les fonds actions américains, selon les données Bloomberg. À l’inverse, les fonds européens et asiatiques enregistrent des sorties nettes.
L’enquête mensuelle de Bank of America auprès des gérants mondiaux confirme la tendance : les allocations aux actifs américains et au secteur technologique ont augmenté en avril, tandis que l’exposition au Japon et à la zone euro a été réduite. La proportion de gérants estimant que les actions américaines sont surévaluées atteint son plus bas niveau depuis 2019.
Les valorisations jouent un rôle clé dans ce regain d’intérêt. La baisse des cours durant le conflit, combinée à la hausse des attentes de bénéfices, a ramené le ratio cours/bénéfices (P/E, qui mesure la valorisation d’une action par rapport à ses bénéfices) du S&P 500 à son niveau le plus bas depuis le sell-off du “Liberation Day” d’avril dernier.
Le facteur géopolitique
Les déclarations de Donald Trump, affirmant mercredi que la guerre pourrait se terminer “presque immédiatement”, ont alimenté l’optimisme. Le cessez-le-feu en vigueur et la perspective d’un deuxième round de négociations maintiennent le pétrole sous les 100 $ le baril, atténuant le risque inflationniste qui pesait sur les marchés depuis mars.
Ce qu’il faut surveiller
Le record du S&P 500 ne garantit pas la suite. Deux variables restent déterminantes : l’issue des négociations US-Iran, dont un échec renverrait le pétrole en forte hausse, et la trajectoire des taux de la Fed.
Les marchés intègrent désormais des baisses de taux d’ici la fin de l’année, un scénario qui pourrait être remis en question si les prix de l’énergie repartent. Côté résultats, la saison des earnings bat son plein à Wall Street et les prochaines publications des géants de la tech donneront le ton pour le reste du trimestre.
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