La scalabilité (ou évolutivité) d’une blockchain désigne sa capacité à gérer un nombre croissant de transactions sans dégradation des performances ni augmentation excessive des coûts. C’est l’un des défis les plus importants de la technologie blockchain, souvent illustré par le “trilemme de la blockchain” formulé par Vitalik Buterin.
Le trilemme stipule qu’une blockchain ne peut optimiser simultanément que deux des trois propriétés suivantes : décentralisation, sécurité et scalabilité. Bitcoin, par exemple, privilégie la sécurité et la décentralisation mais ne traite que 7 transactions par seconde (TPS). Ethereum L1 traite environ 15-30 TPS. À titre de comparaison, Visa peut gérer plus de 65 000 TPS.
Plusieurs approches ont été développées pour améliorer la scalabilité. Les solutions de couche 1 (Layer 1) incluent le sharding (division de la blockchain en fragments parallèles), les algorithmes de consensus plus rapides (comme le BFT de Solana), et les blockchains à architecture modulaire. Les solutions de couche 2 (Layer 2) comme les rollups (Arbitrum, Optimism, zkSync) traitent les transactions hors chaîne et publient seulement un résumé sur la chaîne principale.
En 2024-2025, l’approche dominante est celle des rollups combinés à la disponibilité des données (EIP-4844 blobs). Cette architecture permet de dépasser 10 000 TPS combinés sur l’ensemble des L2 Ethereum, tout en héritant de la sécurité du réseau principal. La scalabilité n’est plus tant un problème technique qu’un défi d’optimisation et d’adoption des solutions existantes.