Une bonding curve (courbe de liaison) est un mécanisme mathématique automatisé qui détermine le prix d’un token en fonction de son offre en circulation. Contrairement à un carnet d’ordres traditionnel où le prix est fixé par la rencontre de l’offre et de la demande entre acheteurs et vendeurs, une bonding curve utilise une formule prédéfinie : plus il y a de tokens achetés, plus le prix monte, et inversement.
La formule la plus courante est la courbe exponentielle : Prix = k × Offre^n, où k est une constante et n détermine la pente de la courbe. Par exemple, avec une courbe quadratique (n=2), le 100e token coûte 4 fois plus cher que le 50e. Cette mécanique crée une incitation pour les premiers acheteurs (early adopters) qui obtiennent des tokens à bas prix.
Les bonding curves sont devenues centrales dans l’écosystème crypto grâce à leur utilisation massive par les launchpads de memecoins comme Pump.fun. Le mécanisme est le suivant : un token est créé avec une bonding curve initiale, les utilisateurs achètent le long de la courbe, et lorsqu’un seuil de capitalisation est atteint (67 000$ sur Pump.fun), le token « graduate » vers un DEX classique avec une pool de liquidité standard.
Les cas d’usage des bonding curves vont au-delà des memecoins : elles sont utilisées pour la tarification d’accès à des communautés (Friend.tech), la distribution de tokens de gouvernance, les enchères continues, et même les mécanismes de stablecoins algorithmiques. Leur avantage principal est qu’elles garantissent une liquidité permanente sans nécessiter de market makers.
Les risques incluent la forte volatilité (le prix peut s’effondrer rapidement si beaucoup de détenteurs vendent simultanément), le front-running par des bots qui achètent avant les utilisateurs, et la possibilité pour les créateurs de manipuler les paramètres de la courbe à leur avantage. Malgré ces risques, les bonding curves représentent une innovation importante dans la conception de marchés automatisés.