La patronne d’Orange alerte : « il n’y a aucune incentive à investir » en Europe

Orange réduit ses investissements en Europe et accélère son expansion en Afrique et au Moyen-Orient afin de soutenir sa croissance, renforcer son cash-flow et séduire les marchés.
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  1. Orange réduira ses investissements en Europe, jugée peu incitative sur le plan réglementaire, et concentrera sa croissance sur l’Afrique et le Moyen-Orient.
  2. Le groupe vise 40 millions de nouveaux abonnés d’ici 2028, dont 90 % hors Europe, dans des régions déjà génératrices de 8,4 milliards d’euros de revenus.
  3. Orange relève ses objectifs financiers, mise sur la cybersécurité et l’IA, et accélère sa consolidation avec MasOrange et un intérêt pour SFR.

Orange va réduire ses investissements européens et miser sur l’Afrique

Notre infrastructure numérique est tellement cruciale que nous devrions créer un cadre qui encourage les investissements. Aujourd’hui, il n’y a aucune incitation à investir.

Christel Heydemann ne mâche pas ses mots. La PDG d’Orange a déclaré au Financial Times qu’« il n’y a aucune incitation à investir » en Europe, pointant directement l’approche réglementaire de la Commission européenne. Le groupe français, qui opère en France, en Espagne et en Pologne, prévoit de réduire ses investissements sur le continent dans les années à venir, faute de perspectives de croissance après le déploiement de ses réseaux fibre.

Le relais de croissance est clairement identifié : le Moyen-Orient et l’Afrique. Orange ambitionne d’ajouter 40 millions d’abonnés mobile et haut débit à sa base de 340 millions de clients d’ici 2028. « 90 % de ces nouveaux clients viendront du Moyen-Orient et de l’Afrique« , a précisé Heydemann. Le groupe opère dans 18 pays dans ces régions, qui ont généré 8,4 milliards d’euros de revenus l’année dernière.

Un secteur télécoms européen en perte de vitesse

Le constat d’Orange reflète un malaise structurel du secteur. L’Europe compte plus de 44 opérateurs mobiles ayant chacun plus de 500 000 abonnés, contre 8 aux États-Unis et seulement 4 en Chine, selon le rapport State of Digital Communications 2026 de Connect Europe. Cette fragmentation empêche l’émergence de champions régionaux et pèse sur les investissements.

Les chiffres le confirment : les dépenses d’investissement totales des télécoms européens sont tombées à 64,6 milliards d’euros en 2024, en baisse pour la deuxième année consécutive après un pic de 67,1 milliards en 2022.

Bruxelles a récemment décidé de ne pas imposer aux géants de la tech une contribution aux coûts des réseaux, une revendication de longue date des opérateurs. Et l’approche traditionnellement hostile de l’UE envers les fusions dans le secteur continue de freiner la consolidation.

Cybersécurité, MasOrange et SFR

Heydemann mise aussi sur la diversification. La division cybersécurité d’Orange connaît une accélération de la demande depuis les tensions géopolitiques récentes, notamment autour du projet de rachat du Groenland par Trump.

On voit des entreprises préparer des plans de continuité d’activité auxquels on n’aurait pas pensé auparavant.

Sur le front des acquisitions, Orange a récemment bouclé un accord de 4,25 milliards d’euros pour prendre le contrôle total de MasOrange, sa coentreprise espagnole. Le groupe est également en discussions pour racheter une partie de SFR, son rival français, et envisage des « remèdes souples » comme des engagements d’investissement réseau pour rassurer les autorités de la concurrence.

Objectifs financiers relevés

Le discours semble avoir eu un impact positif sur les marchés : l’action Orange SA s’envole à près de 18 euros, soit un bon de 5% sur la journée.

Orange vise un cash-flow organique de 5,2 milliards d’euros en 2028, contre 3,65 milliards en 2025. Le dividende plancher passera de 0,79 € par action en 2025 à 0,85 € en 2028. Le groupe cible également plus de 600 millions d’euros d’économies grâce à l’IA d’ici 2028, mais Heydemann écarte tout plan de suppression massive d'emplois, préférant des réductions progressives via les programmes de départ anticipé.

Après la consolidation de MasOrange, la France ne représentera plus que 37 % des revenus du groupe, confirmant le basculement stratégique vers les marchés émergents.

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