- Laurore Ltd., société basée à Hong Kong, déclare 8,79 millions de parts d’IBIT, soit 436 M$ fin 2025, devenant le plus gros nouvel entrant du trimestre.
- Le formulaire 13F ne révèle ni bénéficiaires réels ni origine des fonds, alimentant les doutes sur la nature exacte des capitaux entrant via les ETF spot.
- Malgré la baisse de près de 50 % du BTC depuis octobre, des acteurs d’Abu Dhabi et Harvard conservent d’importantes positions sur IBIT.
Laurore Ltd., un acteur sorti de nulle part
Un nom inconnu vient de surgir dans les registres de la SEC. Laurore Ltd., une entité basée à Hong Kong, a déclaré détenir 8,79 millions de parts de l’iShares Bitcoin Trust (IBIT) de BlackRock, valorisées à environ 436 millions de dollars au 31 décembre 2025. Cela en fait le plus gros nouvel entrant dans l’ETF Bitcoin de BlackRock parmi les déclarations du quatrième trimestre.
Le formulaire 13F, déposé le 28 janvier auprès de la SEC, n’a attiré l’attention des observateurs que cette semaine, après que Jeff Park, directeur des investissements chez ProCap Financial, l’a repéré et partagé sur les réseaux sociaux. Son constat : la société ne semble détenir « rien d’autre que de l’IBIT ».
Au cours actuel de 38 $ par part, la position vaudrait environ 334 millions de dollars, soit un recul de 24 % par rapport à la valorisation de fin de trimestre, si Laurore détient toujours l’intégralité de sa position.
Aucune transparence sur les bénéficiaires réels
Le dossier ne révèle quasiment rien sur la société. Le déclarant est identifié comme Zhang Hui, avec Hong Kong comme juridiction de base. Aucune information sur les bénéficiaires effectifs, la source des capitaux ou la stratégie d’investissement n’est fournie.
Park suggère que la structure pourrait représenter des investisseurs cherchant une exposition à Bitcoin via des marchés ETF régulés, potentiellement depuis des juridictions où l’accès direct aux cryptomonnaies est restreint :
Ce n’est pas un fonds diversifié. C’est un véhicule d’accès à Bitcoin déguisé en habit institutionnel.
Une hypothèse qui soulève des questions sur la nature exacte des flux qui alimentent les ETF Bitcoin spot américains, et sur le degré de visibilité réel des régulateurs sur l’origine des capitaux qui transitent par ces produits.
Les institutionnels ajustent leurs positions
Cette révélation intervient dans un contexte de repositionnement institutionnel généralisé. D’autres déclarations publiées cette semaine montrent que des fonds liés à Abu Dhabi détenaient plus d’un milliard de dollars d’IBIT à fin 2025, tandis que Harvard Management Company maintenait une position d’environ 266 millions de dollars après avoir allégé ses avoirs au cours du trimestre pour investir dans l’ETF Ethereum de BlackRock.
Des mouvements qui confirment que malgré la correction prolongée de Bitcoin (en baisse de près de 50 % depuis son sommet d’octobre), le socle institutionnel des ETF Bitcoin reste substantiel, même si les flux nets récents sont nettement négatifs.