- MSCI maintient les sociétés DAT comme Strategy dans ses indices pour le moment, évitant des ventes forcées de fonds passifs et un risque baissier immédiat sur l’action.
- MSCI gèle le Number of Shares, empêchant les nouvelles émissions d’actions de générer des achats passifs lors des rééquilibrages d’indices.
- Le risque d’exclusion disparaît à court terme, mais l’un des principaux moteurs haussiers de Strategy est désormais structurellement plafonné.
MSCI a décidé de ne pas exclure les sociétés de type digital asset treasury (DAT) de ses indices pour le moment, et le marché a immédiatement réagi. L’action Strategy (MSTR) a bondi d’environ 6 %, soulagée d’un risque qui pesait lourdement sur sa valorisation. Mais derrière cette annonce rassurante se cache une restriction majeure, largement passée sous silence, qui limite fortement le potentiel haussier à moyen terme, et freine la hausse de MSTR.
Indices MSCI : une menace immédiate écartée pour Strategy et les DAT
La décision de MSCI enlève une épée de Damoclès. Une exclusion des indices aurait forcé de nombreux fonds indiciels et institutionnels à vendre mécaniquement leurs positions, comprimant la demande pour Strategy et ses pairs. Pour une entreprise dont l’identité boursière est désormais indissociable du bitcoin inscrit à son bilan, l’impact aurait été brutal.
Les analystes ont logiquement salué ce sursis. Certains parlent même de victoire tactique, Strategy ayant visiblement réussi à défendre son statut au sein des indices malgré son activité opérationnelle atypique. Le message est clair : pour l’instant, MSCI ne change pas les règles du jeu.
Le soulagement est réel, mais incomplet. L’annonce de MSCI inclut une restriction clé : l’indice n’intégrera plus les augmentations du Number of Shares (NOS). Concrètement, lorsque des sociétés comme Strategy émettent de nouvelles actions, ces titres supplémentaires ne seront plus pris en compte dans le calcul des pondérations de l’indice.
C’est un changement fondamental. Jusqu’ici, chaque émission d’actions entraînait mécaniquement des achats passifs lors des rééquilibrages d’indices. Cette demande automatique constituait un soutien puissant pour le cours, en particulier dans un modèle où la dilution sert à accumuler davantage de bitcoin.
Avec le gel du NOS, ce mécanisme disparaît. Plus d’achats forcés liés aux émissions. La dilution ne crée plus de demande passive additionnelle.
Une décision progressive, mais désormais assumée
Cette orientation ne sort pas de nulle part. En septembre 2025, MSCI avait lancé une consultation sur le traitement de Metaplanet, évoquant déjà le NOS sans annoncer explicitement un changement global. À l’époque, l’augmentation du nombre d’actions avait été mise de côté pour ce cas précis.
En octobre 2025, le cadre s’est élargi à l’ensemble des DAT. Pour la première fois, MSCI précisait qu’il continuerait à ne pas implémenter les hausses de NOS, de FIF et de DIF pour ces sociétés. L’annonce récente ne fait donc que confirmer une suspension déjà engagée.
Moins de risque, mais aussi moins de carburant
Le bilan est nuancé. Le principal risque baissier, une exclusion pure et simple des indices, disparaît à court terme, au moins jusqu’à la prochaine consultation. Mais l’un des moteurs haussiers les plus puissants du modèle Strategy est désormais plafonné.
Sans flux passifs liés aux émissions d’actions, la performance dépendra davantage du prix du bitcoin et de l’appétit du marché pour ce type de véhicule hybride. La structure reste intacte, mais l’effet de levier boursier est amoindri.
Pour les investisseurs, le message est limpide : le pire est évité, mais l’euphorie n’est pas justifiée. L’histoire continue, avec un plafond désormais bien visible.