Ce qu’il faut retenir :
- Le Nikkei 225 a reculé de 2,5 % vendredi, entraîné par les valeurs liées à l’intelligence artificielle.
- SoftBank, actionnaire d’OpenAI, a perdu 6,3 % et affiche désormais 48 % de baisse depuis son pic de juin.
- Alphabet a effacé un record de 500 milliards de dollars de capitalisation jeudi, après un deuxième trimestre de cash burn.
Le Nikkei 225 décroche, SoftBank à moins 48 % depuis juin
La défiance envers les dépenses IA a traversé le Pacifique. Ce vendredi 30 octobre, l’indice japonais Nikkei 225, très exposé aux valeurs technologiques, a cédé 2,5 %, dans le sillage d’une série de résultats décevants publiés la veille aux États-Unis.
SoftBank, l’un des principaux investisseurs d’OpenAI, a reculé de 6,3 %. Le conglomérat de Masayoshi Son a désormais perdu 48 % depuis son sommet de juin. Fujitsu, qui s’est repositionné comme fournisseur d’infrastructures IA, a dévissé de 16,2 % après des résultats du deuxième trimestre jugés insuffisants.
Les grandes valeurs tech entrent dans un no man’s land où elles deviennent ininvestissables
estime Neil Newman, stratégiste actions Japon chez Astris Advisory à Tokyo. Selon lui, face à des poids lourds qui perdent la moitié de leur valeur en quelques mois, les investisseurs préfèrent rester à l’écart
Pourquoi les dépenses IA inquiètent-elles autant les investisseurs ?
Le déclencheur s’appelle Alphabet. Jeudi, l’action de la maison mère de Google a chuté de 13 %, effaçant 500 milliards de dollars de capitalisation, un record. Le groupe a publié un deuxième trimestre consécutif de consommation de trésorerie (cash burn) et reconnu que les recherches en « mode IA » menacent son activité historique, la publicité.
Le problème dépasse Google. Des entreprises rentables injectent leur flux de trésorerie disponible dans le capex, c’est-à-dire les dépenses d’investissement en data centers et en puces, et se tournent de plus en plus vers les marchés financiers pour lever des fonds supplémentaires. C’est ce mode de financement de l’infrastructure IA qui alimente désormais l’anxiété des marchés, rapporte le Financial Times.
Le marché s’interroge davantage sur le rythme des dépenses d’investissement
observe Ecaterina Bigos, stratégiste senior chez BNP Paribas Asset Management, pour qui les goulots d’étranglement deviennent plus visibles
Samsung, SK Hynix, Intel : les fabricants de puces dans la tourmente
Les fournisseurs de semi-conducteurs, premiers bénéficiaires de la vague IA, encaissent le choc. SK Hynix a perdu 7,2 % et Samsung Electronics 5,1 %, les deux leaders mondiaux de la mémoire. Le japonais Kioxia a plongé de 7,5 %, tandis que TSMC, premier fondeur mondial, a limité la casse à 1,9 %.
Aux États-Unis, Intel a dégringolé de 22 % dans les échanges après clôture jeudi. Le groupe a publié une prévision de chiffre d’affaires inférieure aux attentes, plombée par le ralentissement de son cœur de métier, les processeurs pour PC. Le Nasdaq Composite avait déjà terminé la séance en baisse de 1,4 %.
Ce qu’il faut surveiller
Premier test : l’ouverture de Wall Street ce vendredi. Les contrats à terme sur le Nasdaq 100 reculaient de 2,1 % et ceux sur le S&P 500 de 1 % avant la séance, signe d’une nouvelle journée de ventes sur les valeurs exposées aux dépenses IA.
La fracture au sein des « Sept Magnifiques » mérite aussi l’attention. Après la séance de jeudi, seuls Apple, Microsoft et Nvidia restent en hausse depuis le début de l’année. Alphabet, Amazon, Meta et Tesla sont passés en territoire négatif. Les prochaines levées de fonds des géants de la tech sur les marchés diront si les investisseurs acceptent encore de financer la course à l’infrastructure IA.
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