Ce qu’il faut retenir :
- Une quatrième vague de siphonnage vise les adresses générées par les portefeuilles Coldcard depuis lundi matin.
- Le total estimé atteint environ 1 816 bitcoins, soit près de 114 millions de dollars, sur plus de 5 200 adresses.
- Les transactions de l’attaquant sont remplaçables, ce qui laisse une fenêtre de quelques minutes aux victimes.
Une quatrième vague de siphonnage contre les adresses bitcoin générées par les portefeuilles Coldcard a démarré tôt lundi et se poursuivait plusieurs heures plus tard. Détail décisif cette fois : les transactions de l’attaquant peuvent être écrasées tant qu’elles ne sont pas confirmées.
Comment récupérer ses fonds avant l’attaquant ?
Alex Thorn, responsable de la recherche chez Galaxy Research, a signalé la vague en cours et relevé que les assaillants ont activé le replace-by-fee, une fonction de Bitcoin qui permet de remplacer une transaction en attente par une autre payant des frais plus élevés.
La conséquence est directe pour les détenteurs concernés. Tant que la transaction n’est pas confirmée, une victime qui repère son adresse dans le mempool, cette file d’attente des transactions non confirmées, peut payer des frais supérieurs et déplacer ses pièces en premier. La fenêtre se compte en minutes.
Le conseil tient en trois gestes : vérifier ses fonds, sortir tout ce qui se trouve sur un appareil concerné, et surenchérir sur les frais si une transaction hostile apparaît.
Un total qui approche 114 millions de dollars
Le décompte s’alourdit à chaque épisode. L’attaque a démarré le 30 juillet avec un premier assaut qui a emporté 1 083 bitcoins sur 1 196 adresses en 41 minutes. Deux vagues supplémentaires pendant le week-end ont porté les pertes constatées à 1 367 bitcoins répartis sur 4 585 adresses.
Si la quatrième vague se confirme, le cumul atteint environ 1 816 bitcoins, soit près de 114 millions de dollars, sur plus de 5 200 adresses depuis le 30 juillet. Alex Thorn précise n’avoir reçu aucun signalement direct de victime et avoir publié ses conclusions sur la seule base d’une reconnaissance de motifs, en assumant de privilégier la vitesse sur la certitude pour alerter tant que les transactions restaient modifiables.
Une signature statistique qui ne trompe pas
Les indices reposent sur l’analyse de la chaîne. Le motif couvre les blocs 960 778 à 960 792, avec 218 transactions visant 462 adresses de victimes, à un rythme d’environ 14 siphonnages par bloc, contre 0,3 sur une fenêtre de contrôle antérieure à l’incident, soit environ 45 fois la normale.
Les pièces dépensées sont toutes arrivées après la date charnière du firmware Coldcard. Les destinations, elles, sont des adresses neuves sans historique, une par victime, là où les deux premières vagues utilisaient des adresses collectrices partagées, plus faciles à cartographier. Six adresses de destination présentant des années d’activité antérieure ont d’ailleurs été écartées, puisqu’une adresse fraîchement créée par un attaquant ne peut pas avoir d’historique.
Aucune des trois premières vagues n’a touché de configuration multisignature, ce qui recoupe la nature de la faille, limitée aux seeds à clé unique.
L’origine de la faille remonte à mars 2021
Le défaut provient d’une version du firmware publiée en mars 2021, qui redirigeait la génération de la seed vers un générateur logiciel prévisible au lieu du générateur matériel de la puce. Les clés produites sont donc reproductibles hors ligne par quiconque parvient à en délimiter l’intervalle.
Coinkite, le fabricant de Coldcard, a publié un firmware d’urgence pour chaque modèle concerné. Sa consigne reste la même : toute personne ayant généré une seed avec la version défectueuse doit transférer ses fonds vers une adresse issue d’une nouvelle seed.
Et maintenant ?
Le profil des vagues successives indiquait jusqu’ici un attaquant descendant vers des soldes de plus en plus petits, après avoir épuisé les gros portefeuilles. La quatrième vague ramène des montants plus élevés, signe que le balayage n’est pas terminé et que d’autres adresses restent exposées.
Deux points à surveiller. La confirmation ou l’infirmation du bilan avancé par Galaxy Research d’abord, établi sans signalement de victime. La capacité des détenteurs concernés à agir ensuite, puisque le recours au replace-by-fee par l’attaquant transforme chaque transaction en course contre la montre. Pour tout possesseur d’un Coldcard datant de cette période, la migration vers une nouvelle seed ne peut plus attendre.
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