- Caroline Ellison, ex co-PDG d’Alameda Research, est libérée après près d’un an de détention fédérale, dont plusieurs mois en centre de réinsertion à New York, plus de trois ans après l’effondrement de FTX.
- Sa peine initiale de deux ans a été réduite grâce à sa coopération active avec la justice américaine et son témoignage clé contre Sam Bankman-Fried lors du procès pénal de 2023.
- Malgré sa libération, Ellison reste exposée à des sanctions civiles, notamment une possible interdiction d’occuper des postes de direction dans des sociétés cotées, selon les procédures en cours de la SEC.
Caroline Ellison s’apprête à quitter la détention fédérale. L’ancienne co-PDG d’Alameda Research doit être libérée ce mercredi d’un centre de réinsertion à New York, marquant une nouvelle étape symbolique dans l’après-FTX, plus de trois ans après l’effondrement du plus grand scandale de l’histoire de la crypto.
Âgée de 31 ans, Ellison sort d’une période de près d’un an sous contrôle carcéral, dont les derniers mois passés dans une structure de type « halfway house ». Ce type d’établissement accompagne les détenus en fin de peine dans leur retour progressif à la vie civile, avec un encadrement sur l’emploi, la gestion financière et le logement.
Une peine réduite, conséquence directe de sa coopération
Caroline Ellison avait entamé une peine de deux ans de prison en novembre 2024, après avoir plaidé coupable dès décembre 2022. Les chefs d’accusation étaient lourds : complots en vue de commettre des fraudes électroniques, fraudes sur les matières premières, fraudes sur titres financiers et blanchiment d’argent.
Si sa peine a été relativement limitée au regard de l’ampleur des faits, c’est en grande partie en raison de sa coopération active avec les autorités américaines. Ellison a été l’un des témoins clés du procès pénal de Sam Bankman-Fried en 2023, livrant un récit détaillé du fonctionnement interne d’Alameda Research et de ses liens réels avec la plateforme FTX.
À la barre, elle avait expliqué que la société de trading disposait d’un accès quasi illimité aux fonds des clients de l’exchange, via une ligne de crédit sans plafond et des comptes bancaires partagés. Des pratiques qui ont joué un rôle central dans la faillite de FTX en novembre 2022, après une crise de liquidité éclair et des révélations sur des détournements massifs de dépôts.
Une figure centrale du scandale FTX
À l’époque, Ellison dirigeait Alameda Research, le bras trading du groupe, et entretenait une relation personnelle avec Sam Bankman-Fried. Longtemps présentée comme une structure indépendante, Alameda s’est révélée être intimement imbriquée à FTX, au cœur d’un système opaque de transferts de fonds et de paris à effet de levier.
Le témoignage d’Ellison a pesé lourd dans la condamnation de l’ex-PDG de FTX, qui a écopé en mars d’une peine de 25 ans de prison et s’est vu ordonner le remboursement de jusqu’à 11 milliards de dollars aux investisseurs et prêteurs lésés. Depuis, SBF multiplie les démarches en vue d’obtenir une grâce présidentielle, sans succès à ce stade.
Une sortie sous conditions et un avenir très encadré
La libération de Caroline Ellison ne marque pas un retour à la normale. Comme d’autres cadres de FTX ayant coopéré avec la justice, elle reste exposée à des sanctions civiles. La Securities and Exchange Commission cherche notamment à lui interdire, ainsi qu’à d’anciens dirigeants techniques du groupe, d’occuper des fonctions de direction dans toute société cotée pendant plusieurs années.
La sortie de Caroline Ellison clôt un chapitre judiciaire personnel, mais elle ne referme pas celui du traumatisme laissé par FTX. Pour de nombreux acteurs du marché, l’affaire continue de servir de point de référence, voire de repoussoir, dans un secteur qui tente encore de reconstruire sa crédibilité.