Ce qu’il faut retenir :
- Bitcoin a rebondi à 71 200 $ (+3,5 %) mardi matin, alors que les marchés traditionnels replongent après l’échec du rallye de lundi.
- L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis autorisent l’armée américaine à utiliser leurs bases pour frapper l’Iran, élargissant le conflit à une coalition régionale.
- L’or enchaîne une série de baisses quotidiennes record en pleine guerre, un signal historiquement inédit qui renforce le contraste avec la stabilité relative de Bitcoin.
Le rallye de la désescalade aura duré 18 heures. Mardi matin, les marchés traditionnels ont effacé les gains engrangés lundi après l’annonce de négociations entre Washington et Téhéran. Bitcoin (BTC), lui, a pris le chemin inverse : en hausse de 3,5 % à 71 200 $, il récupère une partie de la chute sous les 68 000 $ du week-end. Ether (ETH), Solana (SOL), Dogecoin et XRP progressent de 2 à 4 %.
| Crypto | Performance 24 heures | Performance 7 jours |
|---|---|---|
| Bitcoin BTC | +4% | -4% |
| Ethereum ETH | +5% | -7% |
| Ripple XRP | +3% | -7% |
L’Arabie saoudite et les Émirats changent la donne
Le Wall Street Journal a révélé mardi que l’Arabie saoudite a accepté de donner accès à la base aérienne King Fahd à l’armée américaine, revenant sur sa position initiale qui excluait toute utilisation de ses installations pour attaquer l’Iran. Les Émirats arabes unis ont pris des mesures similaires.
Cette entrée des monarchies du Golfe transforme la nature même du conflit. Ce qui était jusqu’ici une opération américano-israélienne devient une coalition régionale, un scénario d’escalade que les marchés n’avaient pas intégré. Le vice-président du Parlement iranien a de son côté exclu toute négociation avec les États-Unis, confirmant le démenti de l’agence Fars publié lundi soir. Le détroit d’Ormuz reste dans les faits quasi fermé, seuls quelques navires parvenant à le traverser.
Les marchés traditionnels replongent, l’or en chute libre
La réaction sur les actifs traditionnels a été immédiate. Les futures sur le S&P 500 ont reculé de 0,5 %, les actions européennes s’annonçaient en baisse de 0,8 % à l’ouverture, et le Brent a bondi de 4 % à environ 104 dollars le baril. Le dollar s’est renforcé de 0,3 %.
Mais le signal le plus déroutant vient de l’or. Le métal jaune a cédé 1,5 %, prolongeant ce qui constitue désormais sa plus longue série de baisses quotidiennes jamais enregistrée. Un actif refuge en chute libre pendant une guerre active qui s’élargit : cela ne correspond à aucun précédent historique. L’explication la plus probable reste celle de ventes forcées par des fonds confrontés à des appels de marge sur d’autres positions, l’or étant l’actif le plus liquide à céder en urgence.
Bitcoin, valeur refuge par défaut ?
Ce contexte place Bitcoin dans une position inhabituelle. L’actif réputé le plus volatil tient un range autour des 71 000 $ pendant que celui censé être le plus stable, l’or, enchaîne les séances de recul. Ce découplage entre crypto et actifs traditionnels nourrit le narratif de Bitcoin comme couverture géopolitique, même si la prudence reste de mise : la résistance actuelle peut aussi refléter une simple attente avant le prochain catalyseur.
Ce qu’il faut surveiller
Le délai de cinq jours accordé par Trump à l’Iran expire samedi. Mais l’entrée de l’Arabie saoudite dans le conflit change fondamentalement l’équation : une coalition régionale contre Téhéran met en danger les infrastructures pétrolières des deux côtés du Golfe persique.
Si le Brent continue de grimper vers les 110 $, la pression sur les marchés actions s’intensifiera, et la question de la résilience de Bitcoin face à un choc pétrolier majeur trouvera sa réponse dans les prochaines séances.
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