Ce qu’il faut retenir :
- Washington envisagerait un accord de sécurité avec Moscou, ce qui alarme plusieurs responsables européens.
- Les Européens craignent qu’un tel accord fragilise l’OTAN, pilier de leur défense depuis 1949.
- Ils redoutent aussi qu’un tel pacte restaure la sphère d’influence revendiquée par la Russie.
Accord États-Unis Russie : ce que redoutent les Européens
Les États-Unis préparent un possible accord de sécurité avec la Russie, et l’Europe s’en inquiète ouvertement. Selon le Financial Times, qui révèle l’information ce vendredi 6 novembre, des responsables européens craignent qu’un accord États-Unis Russie conclu par Washington avec Moscou affaiblisse l’OTAN et rende à la Russie sa sphère d’influence.
Le contenu exact du projet américain n’a pas été rendu public. Aucune confirmation officielle de Washington ni de Moscou n’accompagne à ce stade ces informations.
Pourquoi l’Europe s’inquiète-t-elle pour l’OTAN ?
L’OTAN repose sur l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord, signé en 1949 : une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous. Les États-Unis en sont le premier contributeur militaire. Un accord bilatéral entre Washington et Moscou sur la sécurité du continent poserait donc directement la question de la crédibilité de cette garantie.
Pour les pays de l’Union européenne, l’enjeu est concret. Leur architecture de défense dépend largement de l’engagement américain, alors que la guerre lancée par la Russie contre l’Ukraine en février 2022 se poursuit à leurs frontières.
Sphère d’influence russe : le retour d’une logique de blocs
La notion de sphère d’influence renvoie à une revendication ancienne du Kremlin. En décembre 2021, Moscou avait publié des projets de traités exigeant notamment l’arrêt de l’élargissement de l’OTAN vers l’Est.
Un accord États-Unis Russie qui reconnaîtrait, même implicitement, ce type de zone réservée marquerait une rupture avec la position défendue par les Occidentaux depuis la fin de la guerre froide : le libre choix des alliances par chaque État souverain.
Ce qu’il faut surveiller
Le premier signal viendra d’une éventuelle confirmation par la Maison Blanche ou le département d’État, et de la publication des termes envisagés. La place accordée aux Européens dans d’éventuelles négociations sera ensuite déterminante : un accord négocié sans eux nourrirait les appels à une défense européenne plus autonome.
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