Ce qu’il faut retenir :
- Visa négocierait le rachat de Fireblocks, spécialiste de la conservation crypto, pour environ 2,5 milliards de dollars.
- Ce prix serait près de 70 % inférieur aux 8 milliards de dollars de valorisation de Fireblocks en 2022.
- Mastercard a finalisé en août le rachat de BVNK, spécialiste des stablecoins, pour jusqu’à 1,8 milliard de dollars.
Visa veut à son tour s’offrir une infrastructure crypto. Le géant des paiements serait en négociations avancées pour racheter Fireblocks, spécialiste de la conservation d’actifs numériques et des stablecoins, pour environ 2,5 milliards de dollars, selon Axios, qui cite plusieurs sources. Aucun accord n’a été annoncé, et ni Visa ni Fireblocks n’ont commenté l’information.
L’opération se placerait parmi les plus gros rachats de l’histoire de la crypto. Elle resterait derrière l’acquisition de la plateforme de produits dérivés Deribit par Coinbase pour 2,9 milliards de dollars en 2025, et derrière le projet de fusion entre Naver Financial et Dunamu, maison mère de l’exchange coréen Upbit, estimé à environ 10,3 milliards de dollars en actions.
Combien vaut Fireblocks ?
Fireblocks valait 8 milliards de dollars en janvier 2022, lors d’une levée de fonds de série E de 550 millions de dollars. À 2,5 milliards, Visa paierait donc près de 70 % de moins que cette valorisation, atteinte au sommet du précédent marché haussier.
Fondée en 2018, Fireblocks fournit aux institutions financières des outils de conservation, c’est-à-dire de garde sécurisée des cryptos pour le compte de clients, et des infrastructures pour gérer leurs actifs numériques. En septembre 2025, l’entreprise a lancé un réseau de paiements en stablecoins qui réunit plus de 40 participants, dont Circle, l’émetteur de l’USDC, Bridge, Zerohash et Yellow Card.
Un porte-parole de Fireblocks a démenti l’annonce, en affirmant que ces allégations sont « fausses à l’heure actuelle ».
Pourquoi Visa s’intéresse-t-il à Fireblocks ?
Visa construit depuis plusieurs mois sa propre activité dans les stablecoins. En août, le groupe s’est associé à Zerohash pour permettre les envois et les versements en stablecoins via Visa Direct, son service de transferts. En septembre, Visa a annoncé que ses règlements en stablecoins dépassaient 20 milliards de dollars en rythme annualisé, plus de 15 fois le niveau d’un an plus tôt.
Fireblocks apporterait à Visa une technologie de conservation déjà utilisée par des institutions financières, ainsi qu’un réseau de paiement en stablecoins opérationnel. Visa gagnerait du temps sur un marché où son principal concurrent a déjà avancé ses pions.
Mastercard a ouvert la voie avec BVNK
Mastercard a pris de l’avance. Le groupe a annoncé en mars le rachat de BVNK, une infrastructure de paiements en stablecoins, pour un montant pouvant atteindre 1,8 milliard de dollars, dont 300 millions de dollars de paiements conditionnels. D’après le communiqué de Mastercard, l’opération a été finalisée en août.
Les deux réseaux de cartes ne veulent pas laisser les stablecoins se développer en dehors de leurs circuits. Après BVNK, un rachat de Fireblocks placerait Visa et Mastercard chacun aux commandes d’une brique d’infrastructure crypto majeure.
Ce qu’il faut surveiller
Tant que Visa et Fireblocks n’ont rien confirmé, l’opération reste au stade de la négociation. Une annonce officielle préciserait le prix définitif, le calendrier et les autorisations réglementaires nécessaires. Pour les investisseurs de Fireblocks entrés en 2022, un rachat à ce prix se traduirait par une lourde décote.
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