OpenAI : l’accusation évoque des liens avec la famille royale saoudienne dans l’affaire du micro espion

Selon les procureurs, l’ingénieur d’OpenAI accusé d’avoir posé un micro au siège échangeait avec un membre de la famille royale saoudienne.
Openai saudi fbi

Ce qu’il faut retenir :

  • Les procureurs demandent le maintien en détention de l’ingénieur d’OpenAI accusé d’avoir posé un micro au siège.
  • Ils affirment qu’il échangeait régulièrement sur WhatsApp avec un membre de la famille royale saoudienne.
  • Selon eux, il bénéficie d’un « soutien considérable d’un gouvernement étranger » qui rend sa fuite possible.

Nouveau rebondissement dans l’affaire du micro espion d’OpenAI. Les procureurs fédéraux de San Francisco ont demandé lundi le maintien en détention d’Abdulrahman Alfozan, l’ingénieur accusé d’avoir dissimulé un appareil d’enregistrement au siège de l’entreprise, en invoquant ses liens présumés avec un membre de la famille royale saoudienne, rapporte le Financial Times.

Comme nous l’évoquions mercredi, ce ressortissant saoudien de 35 ans a été arrêté par le FBI le 9 octobre, après la découverte d’un micro enveloppé dans du papier toilette dans une salle de réunion d’OpenAI. L’entreprise l’a licencié dans la foulée. Il reste présumé innocent.

Ce que les procureurs reprochent à l’ingénieur d’OpenAI

Selon le document déposé par le bureau du procureur fédéral, Abdulrahman Alfozan a échangé de « fréquents » messages WhatsApp en 2025 et 2026 avec un membre non identifié de la famille royale saoudienne. Ce dernier aurait tenté de le recruter pour une initiative d’IA lancée dans le royaume.

En mai, le membre de la famille royale lui aurait écrit : « L’Arabie saoudite a plus besoin de toi que les États-Unis ! » L’ingénieur aurait répondu « 100 », un signe d’approbation selon l’accusation. Il aurait toutefois précisé qu’il ne quitterait pas OpenAI avant l’acquisition de ses actions. Chez OpenAI, il percevait un salaire de 385 000 dollars par an, assorti d’un package de 2,2 millions de dollars en actions.

Le dernier message entre les deux hommes date du 5 octobre, soit quatre jours avant l’arrestation, d’après le document.

Pourquoi l’accusation redoute une fuite

Les procureurs veulent qu’Abdulrahman Alfozan reste détenu jusqu’à son procès. Ils estiment qu’il dispose de ressources importantes, dont ce qui ressemble selon eux à « un soutien considérable d’un gouvernement étranger ». Ce gouvernement n’a pas de traité d’extradition avec les États-Unis, dispose de ressources illimitées et peut fournir une aide exceptionnelle pour voyager, selon l’accusation.

Le 10 octobre, au lendemain de l’arrestation, son épouse et son fils se sont envolés de San Francisco vers le Qatar avec un billet aller simple en classe affaires, réservé et payé par un responsable militaire saoudien, affirme le document.

De nouveaux détails sur la préparation présumée

L’accusation détaille aussi les moyens qu’il aurait déployés. Il aurait utilisé le compte ChatGPT de son épouse pour chercher comment fabriquer et chiffrer un appareil d’enregistrement. Il se serait aussi servi d’un agent de productivité d’OpenAI pour repérer les salles de réunion qu’utilisent habituellement les dirigeants de l’entreprise et ses partenaires externes.

La salle où le micro a été découvert accueille souvent des réunions de la direction et avec des responsables gouvernementaux, où se tiennent des discussions sur des informations techniques, commerciales et stratégiques hautement confidentielles. Les procureurs y voient un risque pour la sécurité nationale. Qu’il ait cherché à servir ses propres intérêts commerciaux, à aider un gouvernement étranger ou les deux, son comportement est criminel et menace l’innovation dans la Silicon Valley, estiment-ils.

William Pernik, avocat d’Abdulrahman Alfozan, n’a pas répondu dans l’immédiat aux sollicitations du FT. Il avait déclaré la semaine dernière que les accusations visant son client semblaient « totalement contraires à son caractère », et promis d’examiner sans relâche les preuves du gouvernement.

Ce qu’il faut surveiller

Le tribunal fédéral de San Francisco doit se prononcer sur la demande de maintien en détention. L’affaire ravive une crainte ancienne dans la Silicon Valley : que les grands laboratoires d’IA soient la cible d’espionnage industriel de la part d’États étrangers, eux aussi engagés dans la course mondiale à l’IA.

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