Ce qu’il faut retenir :
- MSCI adopte de nouvelles règles qui pourraient exclure Strategy, Metaplanet et SharpLink de ses indices.
- Le fournisseur d’indices évaluera les entreprises selon leurs actifs opérationnels et cinq ratios financiers.
- MSCI publiera le 11 novembre la liste définitive des sociétés potentiellement concernées.
Strategy pourrait perdre sa place dans les indices MSCI. Le fournisseur d’indices a finalisé de nouvelles règles d’éligibilité qui pourraient conduire à l’exclusion de la société de Michael Saylor, premier détenteur coté de bitcoins au monde, à l’issue d’une consultation sur les entreprises dites « non opérationnelles ». La méthodologie s’appliquera dès la revue des indices de novembre.
Comme nous l’évoquions lundi, Strategy détient 848 250 BTC. Les indices MSCI servent de référence à de nombreux fonds indiciels, qui doivent vendre les titres retirés de l’indice qu’ils répliquent.
Que changent les nouvelles règles de MSCI ?
MSCI évaluera désormais les entreprises à l’aide d’un filtre sur leurs actifs opérationnels et de cinq ratios financiers. Ces critères remplacent les restrictions provisoires qui visaient les sociétés dont les actifs numériques représentent au moins 50 % du total de leurs actifs.
Pour limiter la rotation des indices, MSCI prévoit des marges de tolérance sur les seuils des ratios et sur le calendrier des entrées et sorties. Les règles diffèrent selon le statut de l’entreprise :
Une société qui ne fait pas partie de l’indice ne pourra pas y entrer si elle échoue au filtre lors de l’un de ses deux derniers exercices annuels. À l’inverse, un membre actuel ne sera retiré que s’il échoue au filtre lors de chacun de ses deux derniers exercices annuels. MSCI pourra aussi s’appuyer sur les derniers comptes intermédiaires disponibles.
Strategy, Metaplanet, SharpLink : quelles sociétés sont visées ?
Une simulation menée par MSCI en mai avait déjà identifié Strategy, le japonais Metaplanet et Yellow Cake, une société qui détient de l’uranium physique. Les nouvelles règles pourraient aussi toucher SharpLink, une société de trésorerie centrée sur l’ether.
Ces entreprises ont en commun un bilan dominé par un actif détenu plutôt que par une activité opérationnelle, le profil que MSCI cherche désormais à écarter.
Michael Saylor dénonce une règle « discriminatoire »
Strategy n’a pas attendu la décision finale pour riposter. Plus tôt cette année, Michael Saylor, président exécutif, et Phong Le, PDG, ont qualifié la proposition de MSCI de « discriminatoire » envers les sociétés de trésorerie en actifs numériques.
Dans une lettre envoyée en septembre, Strategy affirmait que la mesure n’aurait aucun impact significatif sur son activité. Elle risquerait en revanche, selon l’entreprise, de « profondément nuire à la réputation de MSCI » comme fournisseur d’indices fiable et neutre.
Ce qu’il faut surveiller
Tout se jouera le 11 novembre, date de publication de la liste définitive des sociétés potentiellement concernées. Une exclusion de Strategy obligerait les fonds qui répliquent les indices MSCI à céder leurs actions MSTR, au moment où le titre affiche déjà une baisse de 53 % sur un an. Le sort de Strategy servira aussi de signal pour l’ensemble des 198 sociétés cotées qui ont adopté une stratégie d’accumulation de bitcoins.
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