Tesla Roadster : Elon Musk dévoile une voiture « volante » équipée de propulseurs SpaceX

Tesla dévoile son Roadster, une voiture électrique « volante » équipée de propulseurs SpaceX, attendue en production en 2028 après dix ans de reports.
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Ce qu’il faut retenir :

  • Tesla a présenté jeudi soir son Roadster, capable de décoller grâce à des propulseurs issus de SpaceX.
  • La voiture atteindrait 97 km/h en moins d’une seconde, mais sa production ne démarrera qu’en 2028.
  • Elon Musk reconnaît que le Roadster ne pèsera pas lourd dans les finances de Tesla.

Tesla a enfin montré son Roadster. Elon Musk a dévoilé jeudi soir une voiture de sport électrique « volante », équipée de propulseurs conçus par SpaceX, lors d’un événement organisé sur un site d’essais de son entreprise spatiale au Texas. Au cours d’une démonstration, le Roadster s’est élevé à la verticale, a effectué un tonneau en plein vol au-dessus d’une rangée de Tesla garées, puis s’est posé sur ses roues de l’autre côté.

Devant une foule de fans, Musk a repris une formule de son ami Peter Thiel : on promettait des voitures volantes, on a eu les 140 caractères de Twitter. Le patron de Tesla assure que ce n’est plus le cas.

Tesla Roadster : vitesse, date de sortie et caractéristiques

Les performances annoncées sont hors normes. Grâce à ses propulseurs, le Roadster passerait de 0 à 97 km/h (60 mph) en moins d’une seconde, pour une vitesse de pointe d’environ 370 km/h. Ces propulseurs à gaz froid dérivent des systèmes que SpaceX utilise pour faire atterrir ses fusées réutilisables. Ce sera aussi la seule Tesla à boîte manuelle.

Musk n’a pas caché les limites du projet. Le Roadster n’est « pas nécessairement une voiture optimisée pour la sécurité », a-t-il reconnu, tout en promettant une voiture qui roulera sur route et que des particuliers pourront acheter. Il doute toutefois qu’il soit légal dans toutes les juridictions. Tesla n’a pas communiqué de prix.

La production ne commencera pas avant 2028. Le Roadster devra alors affronter les supercars électriques de luxe, comme la Ferrari Luce vendue 550 000 euros, et les nouveaux modèles de Bentley, Jaguar et Porsche.

Dix ans de retard et un client nommé Sam Altman

Le projet a accumulé les reports. Tesla a repoussé le lancement au moins cinq fois, alors qu’il promettait au départ des livraisons en 2020. En 2018, Musk avait même envoyé un prototype dans l’espace, en guise de coup publicitaire.

Des clients ont versé 50 000 dollars pour rester sur liste d’attente pendant des années. Parmi eux, Sam Altman, PDG d’OpenAI. Il y a un an, en pleine bataille judiciaire avec Musk, il a réclamé le remboursement de son acompte, en estimant que sept ans et demi d’attente lui avaient paru bien longs.

Musk a fait monter la pression pendant des semaines sur X, présentant la démonstration comme une candidate au titre de meilleure présentation produit de tous les temps. Le Roadster reste un projet personnel du milliardaire : Tesla en avait vendu une première version entre 2008 et 2012, pour faire connaître la voiture électrique au grand public.

Pourquoi Tesla mise sur le Roadster

L’enjeu relève de l’image plus que des ventes. Musk lui-même minimise le poids du Roadster pour Tesla, groupe valorisé 1 400 milliards de dollars : les ventes resteront sans doute modestes et ne changeront pas grand-chose financièrement, selon lui.

Le constructeur traverse une période délicate. Ses livraisons ont reculé de 2 % au troisième trimestre, plombées par la baisse de la demande américaine après la suppression par Donald Trump du crédit d’impôt de 7 500 dollars pour l’achat d’un véhicule électrique. Tesla réduit aussi sa gamme : en janvier, Musk a arrêté les Model S et X haut de gamme pour concentrer les efforts sur le Cybercab, un taxi autonome doré, et sur Optimus, un robot humanoïde. Les usines de Californie et du Texas sont réaménagées pour produire robots et robotaxis.

Les Model 3 et Y assurent l’essentiel des ventes. Le Cybertruck se vend mal depuis sa sortie en 2023, et la production en série du camion Semi a démarré cette année dans le Nevada.

Pour Tim Levin, rédacteur senior du site InsideEVs, le Roadster peut redonner à Tesla son image d’innovateur audacieux, alors que son best-seller, le Model Y, est sorti en 2020. Il prévient toutefois que le marché a changé : il fallait peut-être autrefois prouver que les voitures électriques pouvaient accélérer très fort, mais l’effet risque d’être moindre aujourd’hui.

Ce qu’il faut surveiller

Le calendrier de production 2028 sera le premier test de crédibilité, après dix ans de reports. Reste aussi la question réglementaire : une voiture capable de décoller devra obtenir une homologation pour circuler sur route, ce que Musk lui-même ne garantit pas partout.

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