Ce qu’il faut retenir :
- Anthropic a conclu un accord avec SpaceX pour accéder à 300 mégawatts de puissance de calcul dans le data center Colossus 1, qui abrite plus de 220 000 processeurs Nvidia avancés.
- Le deal intervient alors que le laboratoire d’IA de Musk, xAI (fusionné avec SpaceX), dispose de capacité excédentaire face à une demande plus faible pour ses modèles Grok.
- L’accord inclut l’exploration d’un partenariat pour développer “plusieurs gigawatts de capacité IA orbitale”.
Anthropic et SpaceX viennent de conclure l’un des accords les plus inattendus de l’industrie de l’IA. Le laboratoire fondé par Dario Amodei louera de la puissance de calcul dans le data center Colossus 1 d’Elon Musk, une infrastructure massive abritant plus de 220 000 processeurs Nvidia avancés. L’accord porte sur 300 mégawatts de capacité supplémentaire pour Anthropic.
Musk vendeur, Anthropic acheteur : une logique de marché
Le rapprochement peut surprendre, Musk ayant publiquement attaqué Anthropic et son CEO à de multiples reprises. Mais la logique est purement commerciale. xAI, le laboratoire d’IA de Musk désormais fusionné avec SpaceX, a massivement investi dans la construction de data centers. Ses modèles Grok n’ont toutefois pas généré la demande suffisante pour utiliser toute cette capacité. De l’autre côté, Anthropic est en pleine course pour ajouter de la puissance de calcul afin de servir ses modèles Claude, dont la croissance s’accélère.
Anthropic a précisé que cette capacité supplémentaire améliorerait sa capacité à déployer ses modèles et a annoncé dans la foulée un relèvement des limites d’utilisation de Claude Code, son outil de développement.
Un écosystème compute en expansion rapide
L’accord SpaceX s’ajoute à une série de contrats d’infrastructure signés par Anthropic ces derniers mois. Le laboratoire a sécurisé jusqu’à 5 gigawatts avec Amazon, un accord de capacité similaire avec Google et Broadcom, 30 milliards de dollars de capacité Azure via Microsoft et Nvidia, et un investissement de 50 milliards dans l’infrastructure américaine avec Fluidstack. Anthropic a par ailleurs levé des dizaines de milliards de dollars cette année pour financer cette expansion.
Le deal bénéficie aussi à SpaceX, qui prépare une introduction en bourse attendue comme l’une des plus importantes de l’histoire. L’utilisation accrue de son infrastructure IA renforce la valorisation de ses actifs technologiques au-delà du spatial.
De l’IA orbitale en perspective
L’élément le plus prospectif de l’accord : les deux entreprises exploreront un partenariat pour développer “plusieurs gigawatts de capacité de calcul IA orbitale”. Le concept, encore au stade exploratoire, combinerait l’expertise spatiale de SpaceX (constellation Starlink, lanceurs réutilisables) avec les besoins croissants en infrastructure de calcul d’Anthropic. Les data centers spatiaux pourraient théoriquement offrir des avantages en termes de refroidissement et d’accès à l’énergie solaire, bien que la faisabilité technique et économique reste à démontrer.
Ce qu’il faut surveiller
L’accord illustre une tendance de fond : la capacité de calcul IA est devenue une ressource si rare que les rivalités personnelles et idéologiques passent au second plan face aux impératifs commerciaux. La relation entre Musk et Anthropic reste juridiquement tendue, le Pentagone ayant banni Anthropic des contrats fédéraux sous pression de l’administration Trump.
Que SpaceX lui loue simultanément de la capacité de calcul résume le pragmatisme économique qui domine désormais l’industrie. L’IPO de SpaceX, prévue dans les prochains mois, donnera un prix de marché à cette infrastructure IA qui attire des clients de tous bords.
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