Ce qu’il faut retenir :
- John Ternus prendra la tête d’Apple en septembre 2025, succédant à Tim Cook après 25 ans passés dans l’entreprise.
- L’ingénieur hardware de 50 ans devra prouver qu’Apple peut rattraper son retard en IA face à Google, Microsoft et OpenAI.
- Ternus a piloté le passage aux puces Apple Silicon, mais ses derniers lancements (iPhone Air, Vision Pro) ont déçu commercialement.
Apple a tranché. John Ternus, 50 ans, ingénieur hardware et vétéran de 25 ans chez le fabricant de l’iPhone, succédera à Tim Cook au poste de CEO en septembre prochain. La nomination place un pur produit de la maison aux commandes d’un groupe valorisé 4 000 milliards de dollars, à un moment où sa stratégie en intelligence artificielle concentre toutes les interrogations.
Un ingénieur hardware pour un virage logiciel
Ternus a gravi les échelons loin des projecteurs. Diplômé en ingénierie mécanique de l’Université de Pennsylvanie, il a rejoint Apple en 2001 et n’a fait sa première apparition publique à la WWDC qu’en 2017. Son fait d’armes le plus marquant reste le pilotage de la transition des puces Intel vers les processeurs Apple Silicon aux alentours de 2020. Apple a parié que ses propres ingénieurs pouvaient concevoir des puces compétitives face à Intel, un géant du secteur. Le pari a payé : réduction des coûts de sous-traitance et contrôle total du hardware.
Ternus lui-même a qualifié cette transition de “l’un des changements les plus profonds chez Apple ces vingt dernières années”.
Mais son bilan récent est plus contrasté. L’iPhone Air, censé incarner un renouveau du design, s’est avéré un échec commercial relatif. Le casque Vision Pro, lancé sous sa supervision, affiche des ventes décevantes.
L’IA, angle mort d’Apple
Le vrai test pour Ternus ne se joue pas dans le hardware. Apple accuse un retard visible sur ses concurrents dans le développement de fonctionnalités d’IA générative capables de transformer ses produits. Siri, l’assistant vocal historique du groupe, reste largement distancé par les solutions de Google, OpenAI ou Microsoft.
“Le nouveau Siri doit fonctionner parfaitement et donner envie aux gens de l’utiliser”, a prévenu Gene Munster, analyste chez Deepwater Asset Management. Munster estime que Ternus devra aussi recruter des talents issus d’entreprises nativement IA pour insuffler une nouvelle culture en interne.
Francisco Jeronimo, analyste chez IDC, pose la question centrale : Ternus a-t-il l’appétit pour les décisions audacieuses qu’exige la construction d’une plateforme IA adoptée par les développeurs et les entreprises ? Le défi diffère radicalement de l’optimisation hardware.
Fin 2025, Ternus a récupéré la supervision des équipes de design logiciel, au moment où Apple prépare une refonte majeure de Siri. Sa vision de l’IA se veut discrète : “Si nous faisons bien les choses, les gens ne le remarqueront même pas”, a-t-il déclaré en mars. Une philosophie Apple classique, mais qui pourrait manquer d’ambition face à la course aux agents IA.
Pourquoi Cook a choisi Ternus
Tim Cook a toujours affirmé que son successeur viendrait de l’interne. Jeff Williams, longtemps considéré comme son dauphin naturel, a quitté Apple en novembre pour rejoindre le conseil d’administration de Disney. Craig Federighi, patron du logiciel, aurait pâti de la gestion jugée insuffisante de l’IA et de Siri selon d’anciens collègues. À 56 ans, il était aussi plus proche de la retraite.
Cook a accompagné cette transition en renouvelant l’équipe dirigeante : nouveau CFO (Kevan Parekh), nouveau directeur des opérations (Sabih Khan), nouvelle directrice juridique (Jennifer Newstead) et un responsable IA dédié (Amar Subramanya). Johny Srouji, architecte des puces Apple Silicon, a été promu directeur du hardware.
“Cette entreprise atteindra des sommets incroyables sous sa direction”, a écrit Cook à ses employés.
Ce qu’il faut surveiller
La refonte de Siri, attendue dans les prochains mois, sera le premier vrai test public de l’ère Ternus. Si Apple rate ce rendez-vous, les doutes sur sa capacité à rester pertinent dans un monde redéfini par l’IA générative s’amplifieront. Pour le moment, l’action AAPL perd 0,7% en pre-market.
La capacité du nouveau CEO à attirer des talents extérieurs, sans fracturer la culture insulaire d’Apple, déterminera la suite.
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