Ce qu’il faut retenir :
- Michael Saylor a publié un essai appelant le Bitcoin à concilier ses visions rivales plutôt qu’à choisir un seul camp.
- Il distingue quatre familles idéologiques, chacune jouant selon lui un rôle nécessaire.
- Le texte paraît alors que le bitcoin tombe sous 61 000 dollars, au plus bas depuis près de deux ans.
Michael Saylor prend la plume en pleine tempête. Alors que le bitcoin évolue à ses plus bas niveaux depuis près de deux ans, le président de Strategy a publié un essai défendant l’idée que la réussite du réseau à long terme passera par l’équilibre entre des visions concurrentes, et non par l’adoption d’une idéologie unique.
Quatre camps pour un même réseau
Saylor distingue quatre grandes familles : les maximalistes, les capitalistes, les technologistes et les fondamentalistes, estimant que chacune contribue au succès du réseau. « La mission n’est pas de choisir entre la pureté et l’adoption », écrit-il sur X, mais de faire en sorte que « le Bitcoin reste le Bitcoin pendant que le monde construit dessus ». S’il juge que la couche de base doit demeurer une « infrastructure sacrée », il défend en parallèle une intégration croissante de l’actif avec les entreprises, les banques et les réserves d’États.
Un plaidoyer en plein effondrement du cours
Le timing est rude. Le BTC s’échangeait sous les 61 000 dollars vendredi, en baisse de plus de 25 % sur un mois et de plus de 50 % sous son record d’octobre 2025 à 126 000 dollars, dans l’une de ses pires corrections depuis 2022. L’essai aborde justement les tensions nées de l’enchevêtrement du bitcoin avec la finance traditionnelle, via les trésoreries d’entreprise, les ETF et les marchés de capitaux. Strategy en est le meilleur exemple, ayant multiplié les émissions d’actions préférentielles pour financer ses achats de BTC.
Mais les critiques estiment que des fissures apparaissent, surtout après la révélation cette semaine de la vente de 32 bitcoins pour environ 2,5 millions de dollars. Une goutte d’eau au regard des plus de 844 700 BTC détenus par Strategy, mais que certains voient comme le sommet de l’iceberg. Sur CNBC, Jim Cramer a même ironisé que « Saylor a tué le Bitcoin ».
Plancher ou simple répit ? Les analystes divisés
Le marché s’interroge désormais sur les conditions d’une stabilisation. Pour Zach Pandl, directeur de la recherche chez Grayscale, la capacité de Strategy à continuer d’accumuler du bitcoin est limitée au cours actuel de son action, et de nouvelles sources de demande seront nécessaires pour trouver un « plancher durable ». D’autres se montrent plus optimistes : chez Standard Chartered, Geoffrey Kendrick juge le point bas « presque atteint », citant la résilience des avoirs des ETF et la probabilité que Strategy rachète bientôt plus de bitcoins qu’elle n’en a vendu.
Et maintenant ?
Le débat se résume à une question : qui prendra le relais à l’achat ? Comme nous l’évoquions, le seuil des 60 000 dollars fait figure de ligne de défense critique. Deux signaux orienteront la suite : un éventuel retour de Strategy en position d’acheteur, qui marquerait selon certains la fin du plus dur, et l’apparition de nouveaux flux capables d’enrayer la chute. En attendant, la vision d’un Bitcoin réconciliant ses différentes chapelles devra composer avec une réalité de marché bien plus brutale.
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