Ce qu’il faut retenir :
- Donald Trump annonce un cessez-le-feu de 10 jours entre Israël et le Hezbollah, effectif à minuit heure locale jeudi.
- L’accord pourrait débloquer un second round de négociations entre les États-Unis et l’Iran sur le nucléaire et le détroit d’Ormuz.
- Plus de 2 100 personnes ont été tuées au Liban depuis le début des hostilités.
Donald Trump a annoncé ce jeudi un cessez-le-feu de 10 jours entre Israël et le Liban, une trêve obtenue après des conversations téléphoniques avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun. L’accord devait entrer en vigueur à minuit heure locale.
Un verrou diplomatique qui saute
Le bombardement israélien du Liban constituait l’un des principaux points de blocage dans les efforts pour mettre fin à la guerre entre les États-Unis et l’Iran, qui dure depuis plus de sept semaines. Après la signature d’un cessez-le-feu américano-iranien de 14 jours le 8 avril, Téhéran et le Pakistan, principal médiateur, avaient insisté pour que le Liban soit inclus dans la trêve. Washington et Israël avaient refusé.
L’offensive israélienne massive lancée la semaine dernière contre le Liban a encore durci la position iranienne. Téhéran a refusé de rouvrir pleinement le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole et du gaz mondial, et dont la fermeture a déclenché la plus grave crise énergétique mondiale depuis des décennies. L’Iran a également exigé des droits de passage aux tankers empruntant le détroit.
Ce cessez-le-feu avec le Hezbollah, principal proxy iranien, change potentiellement la donne. Deux conseillers du gouvernement pakistanais ont indiqué que le chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, avait transmis aux Iraniens que la réouverture du détroit serait attendue si Trump obtenait une trêve sur le front israélo-libanais.
Netanyahu sous pression
Le Premier ministre israélien avait publiquement mis en avant sa capacité à séparer les fronts entre l’Iran et le Liban et à intensifier l’offensive contre le Hezbollah. Mais selon une source proche du dossier, Netanyahu n’a eu d’autre choix que d’accepter la trêve sous la pression de Trump.
Il doit faire ces choses parce qu’il a obtenu [de Trump qu’il agisse contre] l’Iran exactement comme il le voulait.
Le bilan humain du conflit est lourd. Plus de 2 100 personnes ont été tuées au Liban depuis le début des hostilités, tandis que le Hezbollah a tué 13 soldats israéliens et deux civils dans le nord d’Israël.
Réactions contrastées
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a salué la trêve. Le Hezbollah a posé ses conditions, exigeant un cessez-le-feu “complet sur l’ensemble du territoire libanais” interdisant toute liberté de mouvement à l’armée israélienne. Israël n’a pas commenté immédiatement.
Trump a par ailleurs annoncé son intention d’inviter Netanyahu et Aoun à la Maison-Blanche, ce qui constituerait les premières discussions directes entre dirigeants des deux pays, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques formelles.
Ce qu’il faut surveiller
Deux dynamiques se joueront en parallèle dans les jours à venir. Sur le terrain, la solidité du cessez-le-feu dépendra du respect effectif par les deux camps, le Hezbollah posant des conditions qu’Israël n’a pas encore acceptées publiquement.
Sur le plan diplomatique, le chef de l’armée pakistanaise Asim Munir poursuivait jeudi ses entretiens à Téhéran avec les principaux responsables iraniens, dont Mohammad Bagher Ghalibaf, l’un des leaders de guerre du régime. L’objectif : créer les conditions d’un second round de négociations américano-iraniennes qui pourrait se tenir dès cette semaine, selon Trump. La réouverture du détroit d’Ormuz reste la clé de voûte de tout accord.
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