Inflation : l’OCDE prévoit un bond à 4,2 % aux États-Unis, plus haut niveau du G7

L’OCDE prévoit une inflation américaine à 4,2 % en 2026, la plus élevée du G7, sous l’effet du choc énergétique de la guerre en Iran. Analyse des risques.
Powell trump inflation ocde usa

Ce qu’il faut retenir :

  • L’OCDE prévoit une inflation américaine à 4,2 % en 2026, contre 2,6 % en 2025, la plus élevée du G7 en raison du choc énergétique lié à la guerre en Iran.
  • La croissance mondiale est revue à la baisse à 2,9 % en 2026, effaçant entièrement le rebond qui se dessinait en début d’année.
  • Dans un scénario pessimiste avec un pétrole à 135 $ le baril, la production mondiale pourrait être inférieure de 0,5 point et les prix 1 point plus élevés.

La guerre au Moyen-Orient va propulser l’inflation américaine à 4,2 % en 2026, soit le niveau le plus élevé parmi les pays du G7, selon les prévisions intermédiaires publiées ce mercredi 26 mars par l’OCDE. Un bond considérable par rapport aux 2,6 % enregistrés en 2025, qui illustre l’ampleur du choc énergétique déclenché par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran fin février.

Un choc qui efface les gains de début d’année

L’organisation basée à Paris dresse un tableau radicalement différent de celui qui se profilait en début d’année. Avant la guerre, les indicateurs pointaient vers une révision à la hausse de 0,3 point de pourcentage des projections de PIB mondial, portés par un boom des investissements dans l’intelligence artificielle et des marchés financiers en pleine forme. Ce gain a été intégralement effacé par le conflit.

La croissance mondiale est désormais attendue à 2,9 % en 2026, contre 3,3 % l’an dernier, avant un léger rebond à 3 % en 2027. Aux États-Unis, le ralentissement de la consommation des ménages devrait freiner l’économie à 2 % cette année et 1,7 % en 2027. La zone euro serait encore plus touchée, avec une croissance limitée à 0,8 % en 2026.

L’inflation dans les économies avancées du G20 a été révisée à la hausse de 1,2 point de pourcentage pour 2026, à 4 %, par rapport aux prévisions de décembre de l’OCDE. La Chine, la Corée du Sud et l’Inde sont également confrontées à une accélération marquée des prix.

Le détroit d’Ormuz, épicentre du risque

Le rapport souligne que les exportations transitant par le détroit d’Ormuz représentent un quart du commerce pétrolier maritime mondial et un cinquième du commerce mondial de gaz naturel liquéfié (GNL). Le blocage de cette voie stratégique par l’Iran envoie des ondes de choc bien au-delà du seul marché pétrolier.

Les engrais constituent un risque particulièrement aigu : les États du Golfe représentent 34 % des exportations mondiales d’urée et la moitié des exportations de soufre. Le Moyen-Orient produit aussi plus d’un tiers de l’hélium mondial et deux tiers du brome, des matières premières essentielles pour les chaînes d’approvisionnement industrielles, notamment dans le secteur des semi-conducteurs.

Une période prolongée de perturbation pourrait aussi entraîner des pénuries énergétiques significatives qui pèseraient davantage sur la croissance.

OCDE

Fed et BCE : des trajectoires divergentes

L’OCDE anticipe un statu quo de la Réserve fédérale américaine sur les taux d’intérêt, tandis que la Banque centrale européenne devrait procéder à une hausse unique. Les projections de l’OCDE pour l’inflation américaine sont nettement supérieures à celles de la Fed elle-même : le FOMC a relevé ses prévisions d’inflation PCE à seulement 2,7 % en fin d’année (contre 2,4 % précédemment), tout en relevant ses estimations de croissance à 2,4 %.

L’écart s’explique par trois facteurs. L’OCDE table sur un choc énergétique plus persistant. Elle intègre aussi l’impact cumulé des augmentations de droits de douane américains de l’an dernier. Enfin, elle juge que le marché du travail américain est déjà tendu en raison de la baisse de l’immigration.

Ce qu’il faut surveiller

Dans un scénario pessimiste où le baril de pétrole atteindrait 135 $ au deuxième trimestre, l’OCDE estime que la production mondiale serait inférieure de 0,5 point à son scénario de base et que les prix à la consommation seraient près de 1 point plus élevés.

Ce scénario n’est pas théorique : le Brent a brièvement touché 119 $ la semaine dernière. La réunion du G7 de vendredi à Versailles, où Marco Rubio tentera de rallier des alliés sceptiques à la stratégie américaine en Iran, sera un test décisif pour la trajectoire du conflit et, par extension, pour celle de l’inflation mondiale.

Cet article vous a plu ? Recevez les prochains par email

Rejoignez +40 000 abonnés. L'essentiel du marché crypto dans votre boîte mail, tous les 2 jours.

En savoir plus sur notre newsletter crypto →
Retrouvez toute l'actualité dans notre rubrique TradFi sur Coin Academy.
Articles qui pourraient vous intéresser
Logo CoinAcademy
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.