Iran : France, Royaume-Uni et Allemagne refusent de rejoindre l’armada de Trump à Ormuz

Royaume-Uni, France et Allemagne rejettent la demande militaire de Trump sur le détroit d’Ormuz. Le Brent au-dessus de 100 $ pour la 3e séance consécutive.
Trump usa france hormuz iran

Ce qu’il faut retenir :

  • Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont rejeté lundi la demande de Trump d’envoyer des navires de guerre dans le détroit d’Ormuz, refusant d’entrer en guerre directe contre l’Iran.
  • Le baril de Brent a atteint 106,50 dollars en séance avant de se stabiliser autour de 102,35 dollars, terminant au-dessus des 100 dollars pour la troisième séance consécutive.
  • L’aéroport international de Dubaï a brièvement suspendu ses opérations après une frappe de drone iranienne visant des réservoirs de carburant à proximité.

Les trois plus grandes puissances militaires européennes ont dit non à Donald Trump. Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont refusé ce lundi de s’engager dans une mission navale pour rouvrir le détroit d’Ormuz, malgré les menaces du président américain d’un “très mauvais avenir” pour l’Otan en cas de refus. Le Japon et l’Australie ont adopté la même position.

“Ce n’est pas notre guerre”

Les réponses européennes ont été claires et quasi-simultanées. Sir Keir Starmer, Premier ministre britannique, a affirmé que le Royaume-Uni ne serait “pas entraîné dans la guerre plus large”, écartant ainsi toute perspective d’envoi de navires de la Royal Navy dans le Golfe tant que le conflit est en cours.

En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz, qui avait pourtant initialement exprimé un soutien aux frappes américano-israéliennes sur l’Iran, a recadré le débat :

L’Otan est une alliance défensive, pas une alliance d’intervention.

Son ministre de la Défense, Boris Pistorius, a été encore plus direct : “Ce n’est pas notre guerre. Nous ne l’avons pas déclenchée.”

La France et la Grèce, deux autres puissances navales majeures de l’Alliance, ont également décliné tout engagement dans le détroit.

Cette réponse coordonnée place les alliés européens sur une trajectoire de confrontation avec Washington. D’autant que Xavier Bettel, ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, n’a pas mâché ses mots lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles, qualifiant l’approche de Trump de “chantage”.

Trump persiste, les Européens temporisent

Face au front du refus, Trump a maintenu lundi que “de nombreux pays” lui avaient “dit qu’ils étaient en route”. Il a toutefois concédé des niveaux d’enthousiasme variables et prévenu que les nations à qui les États-Unis avaient accordé leur protection pendant des années seraient perçues comme ingrates si elles ne contribuaient pas. “Le niveau d’enthousiasme compte pour moi”, a-t-il déclaré.

Les officiels européens, eux, insistent sur un point de fond : l’attaque contre l’Iran et son programme nucléaire constitue une “guerre de choix” initiée par les États-Unis et Israël, non une agression contre un membre de l’Alliance. L’article 5 du traité de l’Otan, qui prévoit la défense collective, ne s’applique pas.

Le contexte diplomatique reste néanmoins délicat. Les Européens restent tributaires du soutien américain pour l’Otan et dépendent de Washington dans le dossier ukrainien. Starmer a tenté de ménager la chèvre et le chou en appelant à un “plan crédible et viable” pour protéger le détroit, incluant les États du Golfe et les États-Unis, sans y associer de forces européennes en première ligne.

Le Golfe s’enflamme, les marchés s’affolent

Sur le terrain, la situation s’aggrave. Depuis le début du conflit fin février, l’Iran a frappé au moins 19 navires dans le Golfe, tuant 13 marins, et a ciblé des infrastructures de stockage énergétique. Le nombre total de frappes enregistrées dans les pays du Golfe dépasse désormais 3 400, avec plus de la moitié concentrées sur les Émirats arabes unis.

Ce lundi, l’aéroport international de Dubaï a brièvement interrompu ses opérations après qu’une frappe de drone iranienne a provoqué un incendie sur des réservoirs de carburant voisins. British Airways a annoncé l’annulation de ses vols vers le Golfe jusqu’à fin mai.

Sur les marchés, le baril de Brent a bondi jusqu’à 106,50 dollars en début de séance avant de reculer à 102,35 dollars. Il s’agit du troisième jour consécutif au-dessus des 100 dollars. Pour rappel, le brut s’échangeait autour de 60 dollars le baril en janvier : la hausse atteint désormais environ 70 % depuis le début de l’année, entraînant dans son sillage une poussée des prix du gaz naturel européen.

Ce qu’il faut surveiller

La fracture entre Washington et ses alliés européens pourrait s’approfondir rapidement si Trump décide de durcir sa position au sein de l’Otan. Les prochaines réunions de l’Alliance seront scrutées de près.

Sur le plan énergétique, chaque escalade supplémentaire dans le Golfe alimente la pression inflationniste mondiale. Et en cas de nouvelles frappes sur l’île de Kharg, principal terminal d’exportation pétrolière iranien, le baril pourrait franchir de nouveaux seuils.

Cet article vous a plu ? Recevez les prochains par email

Rejoignez +40 000 abonnés. L'essentiel du marché crypto dans votre boîte mail, tous les 2 jours.

En savoir plus sur notre newsletter crypto →
Retrouvez toute l'actualité dans notre rubrique TradFi sur Coin Academy.
Articles qui pourraient vous intéresser
Logo CoinAcademy
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.