Ce qu’il faut retenir :
- Bitcoin a brièvement atteint 74 000 $ avant de rechuter vers 71 000 $, effaçant un tiers du rebond depuis les plus bas liés au conflit iranien.
- Le rallye a calé sur la résistance technique du retracement de Fibonacci à 61,8 % combinée à la moyenne mobile 50 jours.
- Le contexte macro (pétrole en flambée, dollar fort, pire semaine boursière en Asie depuis 2020) fragilise la reprise crypto.
Bitcoin (BTC) a touché les 74 000 $ jeudi avant de rendre une partie significative de ses gains. Ce vendredi matin en Asie, le cours évoluait autour de 70 800 $, en recul de 2,2 % sur 24 heures. En cinq jours, la hausse depuis le point bas à 64 000 $ atteint encore environ 10 %, mais le rejet brutal au contact d’une zone de résistance technique soulève une question : simple short squeeze ou vrai retournement haussier ?
Un mur technique à 74 000 $
Le rebond s’est heurté à la convergence de deux barrières surveillées de près par les analystes. La première : le retracement de Fibonacci à 61,8 %, un seuil dérivé d’une séquence mathématique qui identifie le point où un rebond a récupéré environ deux tiers de la baisse précédente. Historiquement, c’est le niveau où les rallyes de marché baissier s’essoufflent.
La seconde : la moyenne mobile à 50 jours, qui représente le prix moyen de clôture sur les 50 dernières séances. En tendance baissière, cette ligne agit comme une résistance naturelle, car elle correspond au seuil de rentabilité de l’acheteur moyen récent, qui est alors tenté de vendre plutôt que de conserver.
Alex Kuptsikevich, analyste en chef chez FxPro, estime que « les haussiers doivent encore convaincre le marché que le bear market est terminé ». Selon lui, l’amplitude du mouvement s’explique avant tout par un short squeeze, les vendeurs à découvert ayant placé leurs stops trop près du prix de marché.
Liquidations en cascade et zones clés
De nombreux analystes confirment cette lecture. La poussée vers 74 000 $ a déclenché des liquidations concentrées de positions short, tandis que les clusters de liquidation de positions long se situent autour de 70 000 $. Des poches de liquidité secondaires existent près de 64 000 $, dessinant un couloir de prix bien défini pour les prochaines séances.
Sur la semaine, les performances restent positives pour la plupart des grandes capitalisations. Bitcoin affiche +5,4 % sur sept jours. Ether (ETH) progresse de 2,7 % à 2 080 $. BNB gagne 3,1 % à 648 $, Solana (SOL) avance de 2,1 % à 88,39 $. En revanche, Dogecoin (DOGE) recule de 3,7 % sur la semaine, et XRP reste quasi stable avec un repli de 0,2 %.
| Crypto | Performance 24 heures | Performance 7 jours |
|---|---|---|
| Bitcoin BTC | -3% | +6% |
| Ethereum ETH | -3% | +4% |
| Ripple XRP | -2% | +0,5% |
Un environnement macro hostile
Le tableau d’ensemble ne plaide pas pour une reprise durable. L’indice MSCI Asie-Pacifique a plongé de 6,4 % depuis le début du conflit iranien, signant sa pire semaine depuis mars 2020. Le dollar enregistre sa meilleure performance hebdomadaire depuis novembre 2024. Le pétrole connaît sa plus forte hausse sur une semaine depuis 2022. Ce triptyque (dollar fort, pétrole en flambée, marchés actions en chute) est rarement favorable aux actifs risqués comme les cryptomonnaies.
Vendredi, un début de détente s’est esquissé en Asie avec un recul du billet vert et un repli des cours du brut, sur fond de rumeurs concernant des mesures américaines pour contenir la hausse des coûts énergétiques. Mais les fondamentaux du conflit restent inchangés : le Sénat n’a pas réussi à bloquer les opérations militaires de l’administration Trump contre l’Iran, et le secrétaire à la Défense Hegseth a évoqué une durée de trois à huit semaines. Le détroit d’Ormuz reste de facto perturbé.
Ce qu’il faut surveiller
Le niveau de 70 000 $, qui a joué le rôle de résistance pendant un mois, devient désormais le premier test de support. Un maintien au-dessus de ce seuil validerait la cassure haussière. En cas de rupture, le plancher de 64 000 $ reviendrait immédiatement en ligne de mire, dans un marché où la guerre et l’incertitude énergétique restent les variables dominantes.