Ce qu’il faut retenir :
- Nasdaq a déposé une demande auprès de la SEC pour lancer des options binaires oui/non adossées à son indice Nasdaq 100.
- Ces contrats, baptisés ‘Outcome Related Options’, reproduisent le format des marchés de prédiction comme Polymarket et Kalshi.
- Les volumes cumulés de Kalshi et Polymarket ont atteint 18,4 milliards de dollars en février, un sixième record consécutif.
Nasdaq a officiellement demandé à la Securities and Exchange Commission (SEC) l’autorisation de lister un nouveau type de produit financier : des options binaires à paiement fixe, directement adossées à son indice phare, le Nasdaq 100. Une offensive frontale contre les plateformes de marchés de prédiction qui explosent depuis un an.
Le dossier soumis au régulateur américain décrit une nouvelle classe de contrats baptisée ‘Outcome Related Options’, liée au Nasdaq 100 et à sa version micro. Le principe est simple : chaque contrat se négocie entre 0,01 $ et 1 $, le prix évoluant en fonction de la probabilité estimée par les traders que l’événement sous-jacent se réalise. Si le scénario se confirme, le contrat vaut 1 $. Sinon, il expire à zéro.
Ce format à issue binaire (oui ou non) est exactement celui qui a fait le succès de Polymarket et Kalshi, les deux plateformes de marchés de prédiction, ou prediction markets, qui dominent actuellement ce segment. La différence majeure : les contrats Nasdaq seraient listés comme options sur valeurs mobilières sous supervision de la SEC, alors que la plupart des contrats événementiels existants relèvent de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC).
18,4 milliards de dollars en février : les prediction markets ne ralentissent pas
L’initiative de Nasdaq ne sort pas de nulle part. Les volumes combinés de Kalshi et Polymarket ont atteint environ 18,4 milliards de dollars en février 2026, un sixième record mensuel consécutif. Janvier avait déjà dépassé les 17 milliards de dollars. La demande pour le trading événementiel et probabiliste ne faiblit pas, elle accélère.
Face à cette dynamique, les bourses traditionnelles ne veulent pas rester spectatrices. Cboe Global Markets étudie la relance d’options binaires de type ‘all-or-nothing’ adossées à des indices financiers. CME Group élargit de son côté l’accès à ses dérivés crypto pour répondre à la demande de trading continu. Nasdaq se positionne donc dans une course déjà lancée entre opérateurs historiques.
Un terrain réglementaire encore flou
Le dépôt intervient dans un contexte de flottement réglementaire. Le président de la SEC, Paul Atkins, a qualifié les marchés de prédiction de sujet ‘majeur’ plus tôt ce mois-ci, pointant le chevauchement potentiel de compétences entre la SEC et la CFTC. La question centrale : qui régule quoi, quand un produit financier emprunte le format d’un pari sur événement mais porte sur un indice boursier classique ?
Si la SEC approuve la demande de Nasdaq, ces options binaires régulées entreraient en concurrence directe avec les plateformes crypto-natives comme Polymarket, mais avec l’infrastructure, la liquidité et le cadre réglementaire d’une bourse cotée. Un changement de paradigme pour le secteur.
Ce qu’il faut surveiller
L’examen du dossier par la SEC prendra plusieurs mois. La décision créera un précédent déterminant : si le régulateur valide le format, d’autres opérateurs suivront rapidement. À plus court terme, l’évolution des volumes sur Polymarket et Kalshi restera le baromètre clé de l’appétit du marché pour ce type de produit.