Une blockchain modulaire est une architecture dans laquelle les fonctions principales d’une blockchain (exécution, consensus, disponibilité des données et règlement) sont séparées en couches spécialisées indépendantes, plutôt que d’être gérées par une seule chaîne monolithique. Ce concept s’oppose à l’architecture monolithique traditionnelle où une seule blockchain (comme Bitcoin ou Ethereum L1) gère toutes ces fonctions.
Les quatre fonctions principales d’une blockchain sont : l’exécution (traitement des transactions et changements d’état), le consensus (accord sur l’ordre des transactions), la disponibilité des données (garantie que les données des transactions sont accessibles pour vérification) et le règlement (finalisation et résolution des litiges). Dans une architecture modulaire, chaque couche peut être optimisée indépendamment.
Celestia est le projet emblématique de l’approche modulaire, fournissant une couche dédiée à la disponibilité des données. Les rollups (Arbitrum, Optimism, zkSync) illustrent déjà cette modularité en séparant l’exécution (sur le L2) du consensus et du règlement (sur Ethereum L1). Avec EIP-4844 (Proto-Danksharding), Ethereum lui-même évolue vers une architecture plus modulaire.
Les avantages de l’approche modulaire incluent une meilleure scalabilité (chaque couche peut être optimisée indépendamment), une flexibilité accrue (les développeurs peuvent choisir les meilleurs composants pour leur cas d’usage), et une réduction des coûts (la spécialisation permet des économies d’échelle). Les rollups sur Ethereum avec blobs ont vu leurs coûts de données diminuer de 96% grâce à cette modularité.
La thèse modulaire est devenue l’un des paradigmes dominants du développement blockchain en 2024-2025, avec un écosystème florissant de projets spécialisés : Celestia et EigenDA pour la disponibilité des données, Espresso et Astria pour le séquençage partagé, et des dizaines de rollups spécialisés pour l’exécution.