Binance licencie des enquêteurs internes ayant découvert 1 milliard $ de transactions liées à l’Iran

Binance aurait licencié des enquêteurs ayant signalé plus d’1 milliard $ de flux liés à l’Iran, ce qui ravive les doutes sur sa conformité sous supervision américaine.
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  1. Des enquêteurs internes de Binance auraient identifié plus d’1 milliard $ de transactions liées à l’Iran via USDT sur Tron, avant d’être licenciés fin 2025 selon Fortune.
  2. Ces départs surviennent sous monitorship américain après l’amende record de 4,3 milliards $ et le plaidoyer de culpabilité de CZ pour violations des lois AML et sanctions.
  3. Le contexte politique favorable à Binance, dont la grâce présidentielle de CZ, alimente les doutes sur la solidité réelle de sa promesse de conformité.

Des flux suspects passés par Tether sur Tron

L’affaire est potentiellement explosive. Selon une enquête de Fortune, basée sur de multiples sources et des documents internes, des enquêteurs de l’équipe de conformité de Binance ont identifié plus d’un milliard de dollars de transactions impliquant des entités liées à l’Iran, entre mars 2024 et août 2025. Les flux auraient transité par Binance via le stablecoin Tether (USDT) sur la blockchain Tron, en possible violation des lois américaines sur les sanctions.

Le plus troublant : après avoir remonté ces informations via des rapports internes, au moins cinq de ces enquêteurs ont été licenciés à partir de fin 2025. Plusieurs d’entre eux occupaient des postes de direction au sein des équipes d’investigations financières globales, incluant les sanctions et le financement du terrorisme. Au moins trois venaient de milieux policiers en Europe et en Asie.

Un monitorship censé garantir la conformité

Ces licenciements interviennent alors que Binance opère sous monitorship imposé par le gouvernement américain, condition du règlement de 4,3 milliards de dollars conclu en 2023. À l’époque, Binance avait plaidé coupable de violations des lois anti-blanchiment, des règles KYC et des sanctions internationales. Son fondateur Changpeng ‘CZ‘ Zhao avait lui-même plaidé coupable et écopé de quatre mois de prison.

C’est assez choquant que cela se soit produit sous un monitorship, avec des enquêteurs internes

Robert Appleton, ancien responsable des affaires de sanctions et liées à l’Iran au ministère de la Justice américain, s’exprimait auprès de Fortune.

Au-delà des cinq enquêteurs, au moins quatre responsables de haut niveau de la conformité ont quitté ou été poussés dehors au cours des trois derniers mois. Noah Perlman, ancien procureur américain recruté comme directeur de la conformité en 2023, prévoit de quitter l’entreprise dans le courant de l’année. Binance cherche actuellement son remplaçant.

Un contexte politique favorable à Binance

La chronologie des événements soulève des questions. Les licenciements coïncident avec plusieurs développements politiques américains favorables à Binance : le recul de l’administration Trump sur la supervision crypto, et surtout la grâce présidentielle accordée en octobre à CZ pour son plaidoyer de culpabilité de 2023.

Cette grâce est intervenue après que l’équipe de CZ a recruté des lobbyistes à Washington et que Binance a aidé World Liberty Financial, le projet crypto de la famille Trump, à lancer son propre stablecoin.

La réponse de Binance : silence sur les détails

Un porte-parole de Binance a déclaré à Fortune :

Conformément à notre politique, nous ne pouvons pas commenter des enquêtes en cours. Binance s’engage à respecter toutes les lois et réglementations applicables en matière de sanctions.

La société ajoute ne pas pouvoir commenter de cas personnels spécifiques et précise que les employés qui enfreignent la politique interne sont passibles de licenciement.

Une formulation qui ne répond pas à la question centrale : les enquêteurs ont-ils été licenciés parce qu’ils avaient enfreint une politique interne, ou parce qu’ils avaient mis le doigt sur des pratiques que Binance préférait ne pas voir exposées ?

Une promesse de conformité qui s’effrite

En 2023, Binance avait juré de tourner la page. La nomination de Richard Teng, ancien régulateur financier à Singapour et aux Émirats, au poste de PDG, et l’annonce d’un renforcement des effectifs conformité à 645 employés à temps plein devaient marquer l’entrée dans une ère de « maturité réglementaire« .

Deux ans plus tard, le départ forcé d’enquêteurs ayant identifié des violations potentielles de sanctions raconte une histoire bien différente. Si les faits rapportés par Fortune se confirment, Binance pourrait faire face à de nouvelles poursuites, cette fois dans un contexte où sa crédibilité en matière de conformité est directement mise en cause.

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