TON : Telegram frappé par un gel de 500 millions de dollars d’obligations russes

Telegram fait face au gel de 500 millions de dollars d’obligations russes, révélant une exposition financière persistante à la Russie malgré la croissance et les projets d’IPO.
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  1. Environ 500 millions de dollars d’obligations Telegram détenues par des investisseurs russes sont gelées dans le dépositaire central russe à cause des sanctions occidentales.
  2. Ce gel embarrasse Pavel Durov, qui affirme que Telegram n’a plus de liens financiers avec la Russie et respecte strictement les sanctions en vigueur.
  3. L’affaire intervient alors que Telegram prépare une IPO, affiche une forte croissance, mais reste exposé aux risques liés au toncoin et au contexte géopolitique.

Telegram se retrouve confronté à une réalité financière qu’il cherchait à tenir à distance. Environ 500 millions de dollars d’obligations détenues par des investisseurs russes sont aujourd’hui gelées dans le dépositaire central russe, conséquence directe des sanctions occidentales. Un épisode qui met en lumière l’exposition persistante de la messagerie à des capitaux liés à la Russie, malgré les efforts répétés de Pavel Durov pour s’en dissocier.

Une exposition héritée des anciennes émissions obligataires

Ces obligations font partie de plusieurs émissions réalisées ces dernières années, dont une levée majeure de 1,7 milliard de dollars en 2025 destinée à racheter de la dette existante. Selon des sources proches des discussions avec les investisseurs, Telegram a déjà racheté la majorité des obligations arrivant à échéance en 2026.

Reste toutefois ce reliquat de 500 millions de dollars, immobilisé au sein du National Settlement Depository russe, visé par des gels d’actifs imposés par l’Union européenne, les États-Unis et le Royaume-Uni depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Tant que ces sanctions restent en place, ces titres ne peuvent ni être remboursés normalement ni faire l’objet d’opérations de rachat.

Une situation politiquement sensible pour Durov

Ce gel est particulièrement embarrassant pour Pavel Durov, qui martèle depuis des années que Telegram n’entretient aucun lien avec le Kremlin. L’entrepreneur a toujours rejeté les soupçons de dépendance à Moscou, qu’il qualifie de théories complotistes.

Telegram conteste d’ailleurs la lecture alarmiste de la situation. La société affirme que les obligations concernées proviennent d’une émission ancienne incluant un nombre limité d’investisseurs russes, que la majorité de ces titres a déjà été remboursée, et que la récente levée de 1,7 milliard de dollars n’a attiré aucun capital russe. Elle souligne également qu’elle respecte strictement le régime de sanctions en vigueur.

Concrètement, Telegram indique qu’elle remboursera les obligations à maturité, laissant ensuite aux intermédiaires financiers le soin de déterminer si les paiements peuvent parvenir aux détenteurs russes.

IPO, croissance et dépendance au toncoin

Cet épisode intervient à un moment clé pour l’entreprise. Telegram étudie toujours une introduction en Bourse, même si ce projet est freiné par les procédures judiciaires en cours en France visant Pavel Durov. Les investisseurs surveillent de près ces développements, d’autant que les obligations offrent une option de conversion en actions à prix décoté en cas d’IPO.

Sur le plan financier, Telegram affiche une croissance solide. Les revenus du premier semestre 2025 ont bondi de plus de 65 %, portés par les abonnements premium et des accords d’exclusivité, souvent liés à l’écosystème toncoin. Mais cette dépendance à la crypto a aussi un coût. La chute du toncoin en 2025 a forcé l’entreprise à enregistrer d’importantes dépréciations, pesant sur le résultat net malgré un profit opérationnel conséquent.

Un rappel brutal du poids des sanctions

Au-delà du cas Telegram, l’affaire illustre un phénomène plus large. Même les entreprises technologiques globales, officiellement détachées de la Russie, restent exposées aux conséquences financières des sanctions lorsqu’une partie de leur base d’investisseurs s’y trouve encore ancrée.

Pour Telegram, le message est clair. La croissance est là, la rentabilisation progresse, mais l’héritage financier et géopolitique du passé continue de rattraper l’entreprise au moment même où elle cherche à accéder aux marchés publics.

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