Ce qu’il faut retenir :
- Nissan prévoit de supprimer 900 postes administratifs en Europe, soit environ 10 % de ses effectifs régionaux, dans le cadre d’une restructuration mondiale.
- L’usine britannique de Sunderland fusionnera ses deux lignes de production, et Nissan discute avec le chinois Chery pour utiliser la capacité excédentaire.
- Le plan s’inscrit dans une restructuration globale impliquant la fermeture d’usines et 20 000 suppressions de postes dans le monde.
Nissan taille dans ses effectifs européens. Le constructeur japonais a entamé mardi des discussions avec ses salariés sur la suppression de 900 postes de bureau dans plusieurs pays, dont la France, l’Espagne et le Royaume-Uni. Le groupe emploie environ 9 300 personnes dans la région. Ces coupes représentent environ 10 % de la main-d’œuvre européenne.
L’action Nissan perd 1,5% sur la journée.
Sunderland : consolidation et recherche de partenaires
L’usine de Sunderland, dans le nord-est de l’Angleterre, emblème de la présence industrielle japonaise au Royaume-Uni, fait l’objet d’une réorganisation profonde. Nissan va fusionner ses deux lignes de production en une seule, la capacité d’utilisation de l’usine tournant actuellement autour de 50 %.
Pour rentabiliser l’espace libéré, Nissan discute avec le constructeur chinois Chery et d’autres partenaires potentiels pour fabriquer des véhicules tiers sur le site. Le groupe a confirmé explorer “des opportunités avec des parties tierces pour maximiser l’utilisation de l’usine”, sans commenter les discussions spécifiques avec Chery.
L’avenir de Sunderland avait été mis en question par l’annonce d’un vaste plan de restructuration mondial chez Nissan, incluant des fermetures d’usines et 20 000 suppressions de postes à l’échelle du groupe.
Une restructuration pour survivre
Nissan a présenté ces mesures comme “essentielles pour protéger l’avenir de Nissan en Europe, préserver les emplois à long terme et garantir notre capacité à être compétitifs de manière rentable”.
Le constructeur japonais traverse une passe difficile, pris en étau entre la montée en puissance des constructeurs chinois de véhicules électriques, les droits de douane américains qui perturbent les flux commerciaux et la hausse des coûts de l’énergie liée à la crise au Moyen-Orient. La surcapacité industrielle en Europe, où les ventes de Nissan stagnent, impose des choix douloureux.
Ce qu’il faut surveiller
L’éventuel partenariat avec Chery à Sunderland serait symboliquement fort : un constructeur chinois produisant des voitures dans une usine japonaise au Royaume-Uni, dans un contexte où l’Europe tente de limiter la pénétration des marques chinoises sur son marché.
La réaction des syndicats britanniques et du gouvernement Starmer, déjà fragilisé par les élections locales et la crise des gilts, pourrait peser sur les conditions de cet accord. Le nombre final de suppressions de postes au Royaume-Uni n’a pas été précisé.
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