- Ledger lance “BTC yield” via Lombard et Figment, permettant de générer un rendement en bitcoin depuis Ledger Wallet sans vendre ses BTC ni quitter la self-custody.
- Le mécanisme repose sur LBTC, un token adossé au bitcoin utilisé comme garantie économique dans des protocoles tiers, sans staking natif sur le réseau Bitcoin.
- L’initiative vise à activer un capital largement dormant et repositionne Ledger comme passerelle vers la DeFi, au prix d’un compromis entre sécurité absolue et rendement.
Ledger fait partie des collaborateurs commerciaux de CoinAcademy. (en savoir plus)
Ledger franchit une nouvelle étape dans sa stratégie d’expansion au-delà de la simple conservation d’actifs. Le fabricant français de portefeuilles matériels déploie une première version d’une fonctionnalité baptisée “BTC yield”, permettant aux utilisateurs de générer un rendement lié en bitcoin directement depuis l’application Ledger Wallet, via des intégrations avec Lombard et Figment.
Faire travailler du Bitcoin sans le vendre
Jusqu’ici, les détenteurs de bitcoin faisaient face à une alternative limitée : conserver l’actif sans rendement ou l’exposer à des solutions de prêt, souvent centralisées, avec des risques élevés. La proposition de Ledger vise à combler cet espace en ouvrant l’accès à LBTC, un token adossé au bitcoin et conçu pour être utilisé dans la finance décentralisée.
Concrètement, l’utilisateur dépose son BTC via Ledger Wallet, qui est ensuite converti en LBTC. Ce token génère un rendement libellé en bitcoin en participant à des mécanismes de sécurité économique et de validation de réseaux tiers, orchestrés par Figment via le protocole Babylon. Il ne s’agit pas de staking sur le réseau Bitcoin lui-même, qui ne le permet pas, mais d’un modèle indirect reposant sur l’utilisation du BTC comme garantie économique.
Une tentative d’activer un capital largement dormant
Ledger met en avant un constat frappant : à peine 1,5 % de l’offre totale de bitcoin serait aujourd’hui active on-chain, alors que l’actif pèse plus de 2 000 milliards de dollars. Pour l’entreprise, ce décalage illustre une inefficience structurelle et un potentiel inexploité.
Avec cette fonctionnalité, Ledger ambitionne de rapprocher le bitcoin des usages DeFi, historiquement dominés par Ethereum et les blockchains compatibles. L’objectif est clair : faire du BTC un actif plus productif, sans forcer les détenteurs à quitter l’écosystème de la self-custody.
Le bitcoin face à son paradoxe historique
L’initiative de Ledger s’inscrit dans un mouvement plus large visant à intégrer le bitcoin dans des logiques de rendement, longtemps considérées comme incompatibles avec son ADN. Le bitcoin a bâti sa légitimité sur la simplicité, la robustesse et la résistance au risque de contrepartie. Toute tentative de le “faire travailler” remet inévitablement ces principes en tension.
Pour Ledger, l’enjeu est stratégique. En élargissant son offre, l’entreprise se positionne non plus seulement comme un gardien de clés, mais comme une passerelle vers des usages financiers plus complexes. Un virage qui pourrait soutenir ses ambitions de marché, alors que le groupe envisage une introduction en Bourse et affiche une forte croissance de ses revenus.
Reste à savoir si les utilisateurs, historiquement prudents lorsqu’il s’agit de bitcoin, accepteront d’échanger une sécurité absolue contre un rendement encore léger. Le “BTC yield” ouvre une porte. À chacun de décider s’il vaut la peine de la franchir.