- Le S&P 500 dépasse pour la première fois les 7 000 points, effaçant rapidement la correction liée aux tensions géopolitiques et confirmant la résilience des marchés actions américains.
- L’optimisme repose surtout sur une saison de résultats jugée exceptionnelle, portée par les géants technologiques et les perspectives très solides liées à l’intelligence artificielle.
- Les anticipations de baisse des taux et l’assouplissement réglementaire aux États-Unis soutiennent la tendance, avec des objectifs de marché déjà projetés jusqu’à 7 600 points.
Le S&P 500 a dépassé ce mercredi le seuil historique des 7 000 points, une première pour l’indice phare de Wall Street. Un signal fort envoyé par les marchés, qui effacent le choc provoqué la semaine dernière par la crise du Groenland et recentrent leur attention sur une saison de résultats jugée exceptionnellement solide.
En début de séance, l’indice progressait de 0,3 % pour atteindre 7 002 points avant de repasser dans le rouge. Un nouveau record qui intervient après une correction brutale liée aux menaces tarifaires de Donald Trump, lorsque le S&P 500 avait chuté de 2,1 % en une seule séance. Depuis, le marché a rapidement repris de la hauteur, malgré un environnement global toujours marqué par une forte volatilité, notamment sur les marchés des changes et obligataires japonais.
Les résultats d’entreprises reprennent le dessus
Le moteur principal de ce rebond est clair : les bénéfices. Les investisseurs parient sur une saison de résultats robuste, portée par les géants technologiques. Microsoft, Meta et Tesla doivent publier leurs comptes dans les prochaines heures, avant Apple demain. Le secteur tech, pilier de la hausse de l’indice depuis plusieurs années, continue de concentrer l’essentiel des flux.
Le mouvement a été renforcé par les perspectives publiées par ASML, qui anticipe une forte croissance de ses ventes en 2026, tirée par la demande liée à l’intelligence artificielle. Dans son sillage, plusieurs grandes valeurs technologiques ont avancé, avec notamment Nvidia et Tesla en hausse en amont de leurs publications.
Pour de nombreux analystes, le marché s’apprête à vivre l’un des trimestres les plus solides depuis la crise financière de 2008, hors rebond post-Covid. Une dynamique qui, selon certains gestionnaires, suffit à neutraliser temporairement le bruit politique et géopolitique.
Une série historique de performances pour la TradFi
Avec ce nouveau record, le S&P 500 s’inscrit dans une trajectoire impressionnante. L’indice affiche des performances à deux chiffres sur chacune des trois dernières années et les stratégistes anticipent désormais largement une quatrième année consécutive de hausse. Le seuil des 6 000 points avait été franchi fin 2024, déjà sous l’impulsion du boom technologique.
Cette confiance persiste malgré les interrogations autour de la politique économique américaine et les doutes exprimés par certains investisseurs sur la rentabilité à long terme des investissements massifs dans l’IA. Pour l’instant, la croissance des profits et la concentration des gains sur les plus grandes capitalisations suffisent à maintenir la tendance haussière.
Taux, politique et soutien structurel
Les perspectives de baisse des taux d’intérêt constituent un autre pilier du rallye. Les marchés estiment que, quel que soit le successeur de Jay Powell à la tête de la Réserve fédérale à partir de mai, la trajectoire monétaire restera favorable aux actifs risqués. La Fed devrait d’ailleurs laisser ses taux inchangés lors de sa réunion de mercredi, sans remettre en cause cette anticipation.
En parallèle, l’administration Trump avance sur un assouplissement des exigences de capital imposées aux grandes banques après la crise financière. Une mesure perçue comme un soutien supplémentaire à la croissance et au crédit, et donc indirectement aux marchés actions.
Des objectifs encore plus élevés
Certaines grandes banques voient déjà plus loin. Des projections tablent sur un S&P 500 autour de 7 600 points d’ici la fin de l’année, soit un potentiel de hausse proche de 8,5 %. Pour leurs auteurs, la combinaison d’une croissance économique encore saine, de marges élevées pour les grandes valeurs américaines et des gains de productivité liés à l’IA pourrait prolonger le cycle haussier.
Le passage au-dessus des 7 000 points n’est donc pas seulement symbolique. Il confirme que, pour l’instant, Wall Street choisit de croire aux bénéfices plutôt qu’aux risques. Et tant que cette conviction tient, les records pourraient continuer de tomber.