Ce qu’il faut retenir :
- Le champ gazier géant de South Pars en Iran a été frappé, provoquant une hausse de 4 % du Brent à près de 108 $.
- Téhéran a lancé des avis d’évacuation pour cinq installations pétrolières en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar.
- Les prix du gaz européen ont bondi de 5 % sur le TTF néerlandais, à 53 € par MWh.
Le Brent a franchi les 108 dollars le baril ce mercredi, son plus haut niveau depuis le début de la semaine dernière, après qu’une frappe a visé South Pars, le plus grand champ gazier du monde, situé en Iran. L’annonce a immédiatement secoué les marchés de l’énergie à l’échelle mondiale.
South Pars touché : une infrastructure critique au coeur du conflit
Les médias d’État iraniens ont confirmé que South Pars et les raffineries voisines avaient été ciblés dans le cadre de la dernière escalade du conflit au Moyen-Orient. Le champ gazier, partagé entre l’Iran et le Qatar sous le nom de North Dome côté qatari, représente une part massive de la production gazière mondiale.
Le brut de référence Brent a grimpé de plus de 4 % dans la foulée, atteignant 108,60 dollars le baril en séance. Sur le marché européen du gaz naturel, le TTF néerlandais a bondi de 5 %, passant d’un prix d’ouverture de 50,50 € à 53 € par MWh.
Téhéran menace cinq installations dans le Golfe
En réponse, l’Iran a publié des avis d’évacuation pour cinq sites énergétiques chez ses voisins du Golfe, annonçant des frappes “directes” imminentes. Les cibles désignées par les médias officiels iraniens sont les suivantes :
- La raffinerie Samref et les installations d’Al Jubail en Arabie saoudite
- Le champ gazier Al Hosn aux Émirats arabes unis
- Les installations de Ras Laffan et le complexe pétrochimique Masaid au Qatar, ce dernier étant présenté par Téhéran comme “associé à Chevron”
Cette menace directe contre des acteurs majeurs de la production du Golfe ajoute une nouvelle couche de risque géopolitique sur un marché déjà sous tension.
Un contexte régional qui s'emballe
La situation dépasse désormais les seules questions énergétiques. De puissantes explosions ont secoué le centre de Beyrouth tandis qu’Israël intensifiait ses frappes au Liban. Deux Israéliens ont été tués dans la nuit lors d’un tir de missile iranien, les autorités locales évoquant l’utilisation probable d’une munition à sous-munitions.
L’Iran a officiellement confirmé la mort d’Ali Larijani, son plus haut responsable en matière de sécurité, et a promis des représailles en recourant à des “armes plus modernes” dans les prochains jours. Cette rhétorique renforce les anticipations d’une poursuite de l’escalade.
Sur le plan financier, la banque centrale des Émirats arabes unis a lancé un “package de résilience” pour soutenir le secteur financier, après que le quartier financier de Dubaï a été visé à plusieurs reprises par des drones. La compagnie aérienne hongkongaise Cathay Pacific a de son côté annulé tous ses vols vers Riyad et Dubaï jusqu’à la fin du mois prochain.
L’Organisation maritime internationale (OMI) a par ailleurs convoqué un conseil extraordinaire pour aborder l’impact du conflit sur la navigation, une initiative contestée par Téhéran pour vice de procédure.
Ce qu’il faut surveiller
Les analystes soulignent que l’Iran dispose de plusieurs leviers pour faire monter les enchères, notamment en s’attaquant aux infrastructures d’exportation du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial.
Une frappe effective sur les sites du Golfe mentionnés dans les avis d’évacuation pourrait propulser le Brent bien au-delà du seuil des 110 dollars. Les prochaines 48 heures seront déterminantes pour évaluer si l’escalade reste rhétorique ou se traduit par des frappes concrètes.
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