Ce qu’il faut retenir :
- Le token doit être lancé mercredi sur le réseau Base, avec une offre d’un milliard d’unités.
- Trente pour cent reviennent aux fondateurs, avec six mois de blocage puis vingt-quatre mois d’acquisition.
- Le lancement suscite une opposition marquée, y compris chez les acteurs cités dans le projet.
Hunter Biden a publié la répartition de LAPTOP, le memecoin qu’il lance mercredi sur le réseau Base. Le fils de l’ancien président américain présente ce jeton comme un symbole de résilience, de rédemption et de rétablissement face à ses adversaires politiques.
“Ils ont transformé le laptop en arme. J’en ai fait un token”, écrit-il sur X.
La répartition du milliard de tokens
L’offre totale s’établit à un milliard d’unités, réparties en cinq blocs.
Vingt pour cent sont destinés à la communauté. La moitié sera débloquée dès l’événement de génération du token, via un portail de réclamation opéré par la fondation Phoenix Veritas, qui émet et gère le jeton. Les 10 % restants seront distribués plus tard, à la discrétion de cette même fondation.
Deux catégories de bénéficiaires sont éligibles à cette distribution : les personnes ayant subi des pertes sur le memecoin TRUMP reçoivent 2 %, et les abonnés à la newsletter personnelle de Hunter Biden, « Where’s Hunter? », en reçoivent 8 %.
Trente pour cent reviennent aux fondateurs, dont l’intéressé, avec un blocage de six mois suivi d’une période de vesting de vingt-quatre mois, d’après le document de divulgation du projet.
Les deux derniers blocs se répartissent entre 10 % affectés à la liquidité et 5 % à la trésorerie de la fondation pour couvrir son fonctionnement.
Un mécanisme adossé à trente prédictions
Le solde de 30 % repose sur un dispositif inhabituel, indexé sur trente événements publics annoncés à l’avance.
Le catalogue mêle politique, crypto et culture. On y trouve par exemple une destitution de Donald Trump durant son mandat, ou la conquête de la Chambre ou du Sénat par les démocrates en 2026. Plusieurs de ces événements correspondent à des marchés existants sur Polymarket.
La règle est binaire. Si l’événement se produit, une tranche de l’offre est détruite. Dans le cas contraire, ces tokens sont versés à des associations caritatives. Cinquante millions d’unités supplémentaires sont promises à ces dernières quelle que soit l’issue.
Le calendrier d’offre de ce jeton dépend donc de résultats électoraux et judiciaires, une construction dont il n’existe guère d’équivalent.
Ce que dit l’intéressé
Hunter Biden formule lui-même la mise en garde que l’on attendrait d’un tiers.
“Vous ne devez pas attendre de moi ni de quiconque que ce token prenne de la valeur”, écrit-il, en précisant que le projet consiste moins à posséder quelque chose qu’à dire quelque chose.
Il consacre par ailleurs une partie de son message à critiquer le memecoin de l’actuel président américain, qu’il qualifie d’escroquerie. Ce jeton a laissé près d’un million de portefeuilles sur 3,8 milliards de dollars de pertes cumulées, selon les chiffres qu’il cite.
Un accueil hostile avant même le lancement
Le projet a suscité des réactions négatives dans le secteur lundi et mardi, y compris de la part d’acteurs qu’il mentionnait.
La plateforme d’échange Kraken a supprimé une publication promotionnelle après les critiques de ses utilisateurs. Le journaliste vidéo Andrew Callaghan a pris ses distances avec l’initiative, son audience ayant été incluse dans une distribution prévue.
Les dirigeants de Base, la blockchain développée par Coinbase où ce token doit être déployé, ont tenu à préciser qu’aucun partenariat ne les liait au projet. Jesse Pollak, fondateur de ce réseau, indique que l’équipe a été approchée, et qu’une décision consciente a été prise de ne participer ni à la conception ni à la promotion du jeton.
Ce point mérite d’être compris. Une blockchain publique n’autorise ni ne refuse le déploiement d’un contrat, ce qui explique qu’un token puisse être lancé sur Base sans l’accord de ses concepteurs.
Rappel du contexte
L’ordinateur portable en question a été déposé dans un atelier de réparation du Delaware en 2019 et jamais récupéré.
Son contenu, comprenant des e-mails sur des activités commerciales à l’étranger, des documents financiers et des éléments personnels liés à une addiction, est devenu l’une des principales controverses de l’élection présidentielle de 2020.
Des élus républicains ont ensuite exploité ces documents pour enquêter sur une éventuelle implication de Joe Biden, alors candidat, dans les affaires de son fils. L’ancien président n’a fait l’objet d’aucune poursuite. Les procureurs ont en revanche utilisé des fichiers issus de ce disque comme éléments de preuve lors du procès de 2024 qui a abouti à la condamnation de Hunter Biden pour des infractions fédérales à la législation sur les armes.
Et maintenant ?
Deux éléments méritent d’être suivis par quiconque s’intéresse à ce lancement.
La part de 30 % réservée aux fondateurs, d’abord, dont le calendrier de libération s’étale sur trente mois au total. C’est la variable qui détermine, dans ce type de montage, la pression vendeuse à venir.
Le précédent invoqué par l’auteur du projet ensuite. Un memecoin adossé à une figure politique a déjà produit 3,8 milliards de dollars de pertes pour un million de portefeuilles, et le nouveau venu ne présente aucune différence structurelle avec celui qu’il dénonce, hormis le mécanisme de destruction indexé sur des prédictions.
L’intéressé le formule lui-même : rien dans ce projet ne garantit une quelconque valeur au jeton.
Cet article vous a plu ? Recevez les prochains par email
Rejoignez +40 000 abonnés. L'essentiel du marché crypto dans votre boîte mail, tous les 2 jours.