- Donald Trump exclut toute grâce présidentielle pour Sam Bankman-Fried, condamné à 25 ans de prison, mettant fin aux spéculations sur un possible sauvetage politique.
- Malgré une stratégie de réhabilitation et des démarches de son entourage, SBF n’a pas obtenu d’appui direct auprès de Trump ni d’ouverture vers une clémence.
- Le contraste avec les grâces accordées à CZ ou Ross Ulbricht montre que le scandale FTX reste politiquement intouchable et lourd de conséquences pour l’écosystème.
Sam Bankman-Fried ne sortira pas de prison grâce à Donald Trump. Le président américain a affirmé sans détour qu’il n’envisageait aucune grâce présidentielle pour l’ancien patron de FTX, condamné à 25 ans de prison pour fraude. Une déclaration qui met fin aux spéculations persistantes autour d’un éventuel sauvetage politique de l’une des figures les plus controversées de l’histoire récente de la crypto.
Un refus clair, sans ambiguïté
Dans un entretien accordé au New York Times, Donald Trump a confirmé qu’il n’utiliserait pas son pouvoir de clémence en faveur de Sam Bankman-Fried. La déclaration est intervenue alors que le président évoquait d’autres dossiers très médiatisés, notamment son refus d’intervenir dans les affaires judiciaires du rappeur Sean “Diddy” Combs ou du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro.
Le message est limpide : malgré son positionnement pro crypto et ses décisions passées en faveur de certains acteurs du secteur, Trump trace une ligne nette lorsqu’il s’agit de l’ex-PDG de FTX. Une prise de position d’autant plus notable que SBF incarne, aux yeux du grand public, l’un des symboles majeurs des excès et dérives de l’industrie.
Une stratégie de réhabilitation restée sans effet
Ces derniers mois, Sam Bankman-Fried avait pourtant tenté de redorer son image. Depuis sa condamnation, l’ancien dirigeant s’est engagé dans une forme de tournée médiatique ciblée, adoptant un ton plus favorable aux républicains et multipliant les signaux à destination du camp Trump.
En coulisses, ses parents, anciens professeurs de droit à Stanford, auraient activement cherché à ouvrir des portes dans l’entourage du président, en rencontrant avocats et intermédiaires proches du pouvoir. Ces démarches semblent toutefois n’avoir produit aucun résultat concret. Selon Trump, SBF n’a même pas réellement plaidé sa cause auprès de lui.
SBF n’aura pas la chance de CZ et Ross Ulbricht
Le refus est d’autant plus marquant que Donald Trump n’a pas hésité, par le passé, à accorder des grâces à des figures controversées du monde crypto. L’ancien patron de Binance, Changpeng “CZ” Zhao, a bénéficié d’une clémence présidentielle, tout comme Ross Ulbricht, fondateur de Silk Road, ou encore les cofondateurs de BitMEX.
Cette différence de traitement suggère que le cas SBF est perçu comme qualitativement différent. L’effondrement de FTX, l’ampleur des pertes pour les clients, l’impact systémique sur l’écosystème crypto et l’implication politique du scandale ont durablement marqué l’opinion et les décideurs politiques. Pour Trump, accorder une grâce à SBF reviendrait à assumer un coût politique élevé.
Un signal politique pour le secteur
Au-delà du cas individuel, la déclaration envoie un message clair à l’industrie crypto. Le soutien politique affiché par Trump au secteur ne signifie pas une indulgence généralisée envers ses figures déchues.
Pour Sam Bankman-Fried, cette prise de position referme l’un des derniers espoirs de sortie anticipée. Pour le marché, elle rappelle que la normalisation de la crypto passe aussi par l’acceptation de sanctions lourdes lorsque les lignes rouges sont franchies.
L’ère de l’impunité perçue est définitivement révolue. Et dans ce dossier, même un président ouvertement favorable à la crypto n’est pas prêt à effacer l’un de ses plus grands scandales.