- Mara finalise le rachat de 64 % d’Exaion, filiale d’EDF, pour une valorisation de 168 millions de dollars, après validation de Bercy et contrôle des investissements étrangers.
- Xavier Niel entre dans Mara France pour garantir un ancrage français et répondre aux enjeux de souveraineté autour du HPC, de l’IA et de la blockchain.
- Mara sécurise un accès à l’énergie nucléaire bas carbone, renforçant sa compétitivité dans le minage post-halving et élargissant Exaion vers le cloud et l’IA.
Un feuilleton de plusieurs mois qui touche à sa fin
C’est officiel. Le rachat d’Exaion, filiale d’EDF spécialisée dans le calcul haute performance, par le géant américain du mining Bitcoin Mara, a été finalisé ce vendredi. L’opération, qui traînait depuis l’été dernier sur fond de tensions politiques, a été profondément remaniée sous l’égide de Bercy pour aboutir à un compromis inédit entre capitaux américains et ancrage français.
La Direction générale du Trésor avait donné son feu vert en début de semaine, selon La Tribune, après des mois de procédure de contrôle des investissements étrangers.
168 millions de dollars de valorisation, Xavier Niel dans la boucle
Sur le plan financier, le schéma reste conforme aux grandes lignes de l’accord initial : Mara prend une participation de 64 % dans Exaion, valorisant la société autour de 168 millions de dollars, avec une option pour monter à 75 % d’ici 2027. L’opération repose sur une augmentation de capital d’environ 115 millions d’euros destinée à financer le développement de l’entreprise.
La grande nouveauté du montage remanié : l’entrée de Xavier Niel dans Mara France, qui redéfinit la gouvernance d’Exaion. Un ajout stratégique qui répond directement aux préoccupations de souveraineté exprimées par l’exécutif et les industriels français, en promettant un ancrage tricolore dans la structure de contrôle.
Un rachat qui avait provoqué un tollé
L’annonce initiale en août dernier avait déclenché une levée de boucliers. Industriels français et responsables politiques s’étaient alarmés de voir une filiale d’EDF, positionnée sur des segments stratégiques (blockchain, IA, cybersécurité, informatique quantique), passer sous pavillon américain. Le ministère de l’Économie avait alors exigé un réexamen du dossier et activé la procédure de contrôle des investissements étrangers, repoussant la finalisation de plusieurs mois.
« Les équipes de Mara sont en train de s’activer en urgence et d’enchaîner les nuits blanches pour finaliser la documentation juridique« , confiait une source proche du dossier à La Tribune en début de semaine.
Ce que cela change pour Mara et le minage en France
Pour Mara, l’un des plus grands mineurs de bitcoins cotés aux États-Unis, Exaion représente un accès direct à de l’énergie nucléaire française bas carbone pour ses opérations de calcul intensif. Un avantage compétitif majeur à un moment où l’industrie du minage est sous pression sur les coûts énergétiques post-halving.
L’intégration de Xavier Niel dans le dispositif ajoute une dimension télécom et infrastructure qui pourrait élargir le périmètre d’Exaion au-delà du minage pur, vers l’IA et le cloud souverain. Un positionnement qui fait écho aux ambitions européennes de souveraineté numérique, portées notamment par des acteurs comme Mistral AI et OVHcloud.