Ce qu’il faut retenir :
- Le CSI 300 est en marché baissier technique, en recul de plus de 20 % depuis son pic de juin.
- Les valeurs du matériel IA sont les plus touchées : CATL perd 37 % depuis janvier.
- Pékin a déployé ses fonds publics pour racheter des ETF, à un rythme inédit depuis avril 2025.
Bourse chinoise : le CSI 300 entre en marché baissier

Le CSI 300, l’indice des 300 principales valeurs cotées à Shanghai et Shenzhen, a perdu plus de 20 % depuis son sommet de juin et recule de 10 % depuis le début de l’année. La bourse chinoise est donc entrée en marché baissier technique, c’est-à-dire une baisse d’au moins 20 % par rapport au dernier plus haut.
Ce retournement frappe en plein cœur le récit qui portait les actions chinoises : l’intelligence artificielle. Le reflux intervient sur fond de ralentissement économique et en l’absence de relance budgétaire d’ampleur. Face à la glissade, Pékin a engagé cette semaine une opération de soutien des marchés.
Pourquoi les valeurs chinoises de l’IA chutent-elles ?
Le matériel lié à l’IA concentre les pertes. Le sous-indice industriel du CSI 300 cède 23 % depuis janvier. Sa plus grosse composante, CATL, premier fabricant mondial de batteries, voit son action reculer de 37 % à Shenzhen sur la même période. CXMT, premier producteur chinois de mémoire DRAM, a perdu 20 % en un mois, après une introduction en bourse spectaculaire en juillet.
La correction survient alors que la Chine multiplie les efforts pour rivaliser avec les États-Unis dans l’IA, notamment via les modèles open source de laboratoires comme DeepSeek et Moonshot. La vitrine technologique ne suffit plus à soutenir les valorisations.
Le contexte macroéconomique pèse lourd. L’espoir d’un grand plan de relance s’est évaporé au fil de l’année : les dépenses publiques ont reculé sur les neuf premiers mois. Loin du choc de septembre 2024, quand Pékin avait dévoilé un paquet de mesures incluant le financement de rachats d’actions.
Hong Kong rattrapé par la fuite des capitaux continentaux
La contagion a gagné Hong Kong. Les investisseurs de Chine continentale, pilier de la demande pour les actions de la place, ont vendu 20 milliards de dollars de Hong Kong de titres depuis le début du mois, soit environ 2,5 milliards de dollars. Selon des calculs du Financial Times, octobre est en passe de devenir le mois de plus fortes sorties continentales depuis juillet 2021.
Le Hang Seng abandonne plus de 12 % depuis janvier. Son sous-indice technologique fait bien pire, avec une chute de plus de 30 % sur l’année.
Comment Pékin tente de stopper la chute
Pékin a activé son « équipe nationale », l’ensemble de fonds et de courtiers alignés sur l’État chargés d’acheter des actions en période de stress. Objectif : rassurer les particuliers chinois, qui réalisent la majorité des échanges sur le marché continental, et les dissuader de vendre.
Selon une note publiée mardi par les analystes de Macquarie, ces achats d’ETF domestiques ont probablement été la semaine dernière les plus agressifs depuis l’annonce des droits de douane du « Liberation Day » de Donald Trump, en avril 2025. Les analystes s’appuient sur les flux entrants nets dans les ETF détenus par le fonds public Central Huijin.
Les achats de l’équipe nationale visent à poser un plancher sous le marché
écrivent les analystes de Macquarie
Ce qu’il faut surveiller
Les interventions publiques peuvent amortir la baisse, pas l’inverser durablement. Pour Macquarie, une reprise solide de la bourse chinoise dépend d’un redémarrage de la demande intérieure, qui pourrait intervenir lorsque Pékin ne pourra plus compter sur les exportations pour porter la croissance.
Trois signaux à suivre : le bilan final des sorties continentales vers Hong Kong fin octobre, l’ampleur des rachats d’ETF par Central Huijin dans les prochaines semaines, et tout virage budgétaire de Pékin. Sans relance comparable à celle de septembre 2024, le CSI 300 risque de rester sous pression.
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