Ce qu’il faut retenir :
- La demande d’agrément MiCA de Binance en Grèce serait sur le point d’être rejetée, selon Reuters.
- Christine Lagarde aurait personnellement pesé pour bloquer ce dossier, afin de protéger l’euro numérique.
- Sans agrément avant le 30 juin, Binance ne pourrait plus servir légalement les clients de l’UE dès le 1er juillet.
Binance, première plateforme d’échange crypto au monde, joue son avenir européen à quelques jours d’une échéance couperet. Selon Reuters, le régulateur grec (HCMC) s’apprêterait à rejeter sa demande d’agrément MiCA, ce qui priverait l’exchange d’accès aux 27 pays de l’Union dès le 1er juillet. Une information explosive vient s’y greffer : d’après le journaliste Gregory Raymond, ce blocage viendrait d’en haut, et plus précisément de Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE).
Christine Lagarde a-t-elle bloqué Binance en Europe ?
Prudence avant tout : cette accusation repose pour l’instant sur les seules informations de Gregory Raymond, qui cite des sources anonymes. Elle n’a été confirmée ni par Reuters, ni par les autres médias, ni par les autorités concernées.
Selon le journaliste, le régulateur grec aurait jugé le dossier de Binance complet et conforme à MiCA. Le blocage serait venu du sommet de l’État : Christine Lagarde aurait signalé au Premier ministre grec que Binance n’était pas la bienvenue en Europe, une consigne ensuite relayée au ministre des Finances puis à la HCMC. La motivation présumée de la présidente de la BCE tiendrait aux stablecoins. Binance étant le principal vecteur de liquidité de ces actifs en Europe, lui couper l’accès au marché renforcerait, par contrainte, la position du futur euro numérique, la monnaie numérique de banque centrale préparée par la BCE.
Ce que Reuters et Binance confirment
Sur le terrain des faits vérifiés, le tableau est déjà tendu. Mardi, Reuters a rapporté, en citant deux sources proches du dossier, que la HCMC s’apprêtait à rejeter la demande de Binance. L’exchange a répliqué le jour même dans un billet de blog : selon lui, le régulateur grec avait achevé son examen et jugé le dossier conforme aux exigences de MiCA, avant transmission à l’ESMA, l’autorité européenne des marchés financiers. Binance affirme même que l’ESMA comptait faire avancer la licence lors d’un prochain conseil.
La plateforme a prévenu qu’un rejet risquait d’« affaiblir la liquidité », de réduire la concurrence et de pousser activité, emplois et recettes fiscales hors de l’UE. Elle promet une mise à jour à ses utilisateurs d’ici le 30 juin.
Rappel du cadre : MiCA (Markets in Crypto-Assets) est le règlement qui encadre les crypto-actifs dans l’Union. Un agrément obtenu dans un seul État membre vaut passeport pour les 27. Binance avait déposé sa demande en Grèce en janvier 2026. L’Allemagne et les Pays-Bas, eux, ont déjà accordé des licences MiCA à des acteurs crypto.
La France, dernier recours de Binance ?
Toujours selon Gregory Raymond, la France serait désormais la seule option solide de Binance pour conserver un accès au marché européen. Des discussions seraient en cours avec l’AMF, le régulateur français, mais aucune demande formelle n’aurait été déposée. Côté français, le Trésor et Tracfin, la cellule anti-blanchiment, pousseraient pour une supervision depuis Paris, afin de garder un œil sur les flux financiers de la plateforme, qui disparaîtraient de leur radar en cas de sortie du marché européen.
Un géant déjà sous pression
Binance reste sous surveillance des deux côtés de l’Atlantique. En 2023, l’exchange avait conclu un accord avec les autorités américaines : son fondateur Changpeng Zhao avait quitté la direction et plaidé coupable, et l’entreprise avait accepté de verser 4,3 milliards de dollars et de se plier à un programme de supervision. Plus récemment, des élus américains réclamaient des comptes après des informations faisant état d’un milliard de dollars acheminés vers des entités sanctionnées.
Et maintenant ?
Tout se joue d’ici la fin du mois. Si la HCMC confirme son refus et qu’aucun autre régulateur ne prend le relais avant le 30 juin, Binance basculera dans l’illégalité sur le sol européen au 1er juillet. La piste française devient donc décisive, à condition qu’une demande soit déposée à temps. Quant à l’implication supposée de Christine Lagarde, elle restera une accusation à manier avec précaution tant qu’aucune source officielle ou indépendante ne l’aura corroborée. À suivre de très près dans les prochains jours.
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