Ce qu’il faut retenir :
- Flávio Bolsonaro a atterri en Floride mardi soir, malgré une interdiction de quitter le Brésil.
- La police fédérale brésilienne a annulé ses passeports après le dépassement d’un délai fixé par la Cour suprême.
- L’administration Trump lui accorde un visa sans avoir reconnu la réélection de Lula.
Flávio Bolsonaro aux États-Unis malgré une interdiction de sortie
Flávio Bolsonaro, battu au second tour de la présidentielle brésilienne, a atterri en Floride mardi 27 octobre au soir, alors qu’un juge de la Cour suprême lui interdisait de quitter le territoire. Selon le Financial Times, qui cite des personnes informées du dossier, le candidat de droite y a retrouvé son frère Eduardo Bolsonaro, déjà installé aux États-Unis dans un exil volontaire.
L’arrivée de Flávio Bolsonaro aux États-Unis intervient au terme d’une journée de flottement. Le sénateur devait remettre ses documents de voyage avant mardi matin. Faute de l’avoir fait, la police fédérale brésilienne a annulé ses passeports. Ses propres alliés affirmaient alors ne plus parvenir à le joindre.
Il ne voyage pas seul : son épouse et ses deux filles ont également quitté le Brésil, selon un proche. Le fils aîné de l’ancien président Jair Bolsonaro, aujourd’hui incarcéré, rejoint ainsi une partie de la famille déjà repliée sur le sol américain.
Pourquoi Flávio Bolsonaro est-il visé par la justice brésilienne ?
L’interdiction de sortie du territoire découle de deux enquêtes de police distinctes, pour corruption et blanchiment d’argent. La première porte sur ses liens avec le cerveau présumé d’une faillite bancaire de 10 milliards de dollars. La seconde concerne des soupçons de blanchiment impliquant Flávio Bolsonaro et l’un de ses amis. L’intéressé conteste toute infraction.
La mesure a été prise quelques heures seulement après la proclamation des résultats, dimanche soir, par le juge Alexandre de Moraes. Ce magistrat de la Cour suprême est aussi celui qui a condamné Jair Bolsonaro l’an dernier. Un élément qui nourrit la thèse de la persécution politique défendue par les partisans de la famille.
Une présidentielle contestée jusqu’à Washington
Dimanche 25 octobre, Luiz Inácio Lula da Silva a été réélu à la surprise générale avec 51,8 % des voix contre 48,2 % pour son adversaire. Le scrutin a été entaché d’une polémique : un juge de la Cour suprême a prolongé le vote de deux heures, à la demande du Parti des travailleurs de Lula, qui invoquait des perturbations dans les transports publics.
Flávio Bolsonaro a fustigé cette décision après sa défaite, alors que son propre Parti libéral avait réclamé le maintien de bureaux de vote ouverts dans des zones touchées par de fortes pluies. Lundi, Donald Trump a repris ces critiques à son compte, évoquant des signes d’une élection « truquée » (rigged), selon le président américain.
Mardi, l’administration Trump, qui n’a toujours pas reconnu formellement la victoire de Lula, a annoncé qu’elle accorderait un visa à Flávio Bolsonaro. Jair Bolsonaro était un allié du président républicain lors de son mandat. La présence de son fils en Floride risque d’aggraver des relations déjà tendues entre Brasília et Washington.
Ce qu’il faut surveiller
Premier point : la réaction de la justice brésilienne face à un candidat qui a ignoré une décision de la Cour suprême, ce qui pourrait alourdir sa situation dans les deux enquêtes en cours. Deuxième point : la reconnaissance, ou non, de la réélection de Lula par Washington, dont dépend le niveau de la crise diplomatique entre les deux premières économies des Amériques.
Enfin, le statut de Flávio Bolsonaro aux États-Unis, désormais doté d’un visa, fera de la Floride le point d’ancrage de l’opposition bolsonariste en exil, aux côtés d’Eduardo Bolsonaro.
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