Voitures thermiques : Macron annonce un accord franco-allemand imminent pour assouplir 2035

Macron annonce un accord imminent avec Berlin : 10 % de voitures thermiques autorisées après 2035 et des aides réservées au Made in Europe.
Macron france allemagne

Ce qu’il faut retenir :

  • Emmanuel Macron annonce un accord franco-allemand sur la politique automobile européenne d’ici quelques heures ou quelques jours.
  • L’Allemagne obtiendrait que 10 % des voitures neuves puissent rester thermiques après 2035.
  • La France obtiendrait des aides publiques réservées aux voitures et batteries fabriquées dans l’Union européenne.

Paris et Berlin s’apprêtent à réécrire les règles du jeu pour l’automobile européenne. Emmanuel Macron a annoncé ce lundi 12 octobre qu’un accord franco-allemand sur la politique automobile de l’Union européenne était « imminent », en marge du Mondial de l’Auto de Paris. Le président de la République parle d’une affaire « d’heures, et sinon de jours », sans dévoiler le contenu du texte avant sa finalisation.

Le compromis doit repousser la sortie des moteurs thermiques et relancer la production de voitures sur le continent, face à la concurrence chinoise. Selon le chef de l’État, il donnera à l’Europe une approche pragmatique de ses objectifs de décarbonation, tout en renforçant sa compétitivité et sa souveraineté.

Nous sommes en train de finaliser un accord avec nos partenaires allemands afin que l’Europe puisse aller de l’avant, dans le but de mieux protéger notre industrie, de maintenir nos objectifs de décarbonisation, d’accroître notre compétitivité et de renforcer notre souveraineté.

Interdiction des voitures thermiques en 2035 : ce que l’Allemagne obtiendrait

Berlin pousse depuis des mois pour desserrer le calendrier climatique imposé aux constructeurs. L’Allemagne devrait obtenir que les véhicules thermiques représentent jusqu’à 10 % des ventes de voitures neuves après 2035, sans obligation d’utiliser des carburants ou des matériaux bas carbone, d’après deux sources citées par le Financial Times.

Le gouvernement allemand veut aussi affaiblir les objectifs d’émissions fixés aux constructeurs pour 2030. Une personne au fait des discussions précise que ce point n’est pas encore tranché.

Made in Europe : la contrepartie française

En échange, la France décroche le soutien allemand à sa priorité industrielle : la préférence européenne. Les aides publiques et les marchés publics liés aux voitures électriques, aux pièces détachées et aux batteries seraient réservés pour l’essentiel aux fabricants installés dans l’Union européenne.

Cette clause « Made in Europe » risque de crisper des partenaires commerciaux comme le Royaume-Uni et le Japon, dont les usines pourraient se retrouver exclues du dispositif. Les voitures produites outre-Manche perdraient l’accès aux subventions, même si ce volet n’est pas entièrement bouclé selon une des sources.

Le sujet divise aussi les industriels. Renault et l’américain Ford assemblent des véhicules hors de l’Union, en Turquie par exemple, avec une forte proportion de composants européens. Les deux groupes demandent des exceptions pour certains pays tiers.

Pourquoi les constructeurs automobiles réclament un accord rapide

Les discussions entre Paris et Berlin durent depuis l’été. Plusieurs textes européens sont en négociation à Bruxelles et restent bloqués : un responsable européen explique qu’il faut un accord sur l’ensemble du paquet pour débloquer les dossiers un par un.

Les patrons de l’automobile ont mis la pression. Dimanche soir, ils ont rencontré Emmanuel Macron à l’Élysée, à la veille de l’ouverture du salon où marques chinoises et européennes exposent côte à côte leurs derniers modèles. François Provost, directeur général de Renault, prévoit un accord dans la semaine. « Il est grand temps de réagir », a-t-il lancé, en rappelant qu’un million d'emplois dépendent de l’automobile en France.

Le patron de Renault refuse l’image d’une industrie qui se contente de se plaindre : les constructeurs ont investi des sommes massives pour basculer vers l’électrique, comme l’exigeait Bruxelles. Oliver Blume, PDG de Volkswagen, presse lui aussi Paris et Berlin de conclure vite pour contrer la menace chinoise.

Hybrides chinois : Bruxelles prépare un quota

L’accord s’inscrit dans une offensive plus large. L’Union européenne prépare un quota sur les importations de voitures hybrides chinoises, avant l’entrée en vigueur de droits de douane élevés. Les constructeurs chinois ont fait exploser leurs exportations d’hybrides vers l’Europe après la taxation de leurs voitures électriques.

Pour Emmanuel Macron, l’accord et les mesures contre la concurrence déloyale répondent aux attentes légitimes de l’ensemble des constructeurs.

Ce qu’il faut surveiller

L’annonce franco-allemande ne vaudra pas loi. Le compromis devra ensuite convaincre les autres États membres et le Parlement européen, où l’affaiblissement des ambitions climatiques de l’Union promet des débats tendus. Le contenu exact sur 2030 et le sort des usines britanniques et turques diront jusqu’où Paris et Berlin ont cédé l’un à l’autre.

Cet article vous a plu ? Recevez les prochains par email

Rejoignez +40 000 abonnés. L'essentiel du marché crypto dans votre boîte mail, tous les 2 jours.

En savoir plus sur notre newsletter crypto →
Retrouvez toute l'actualité dans notre rubrique TradFi sur Coin Academy.
Articles qui pourraient vous intéresser
Logo CoinAcademy
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.